Communiqué UCL

50 ans après Stonewall, les LGBTI veulent toujours briser les murs

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Il y a 50 ans les luttes LGBTI entraient dans une nouvelle ère avec les émeutes de Stonewall. Aujourd’hui, alors que 2018 fut une année noire pour les personnes LGBTI, il n’y a toujours rien à attendre des pouvoirs.

Le 28 juin 1969, la police effectue comme à ses habitudes une descente dans un bar New-yorkais fréquenté par des personnes LGBTI, le Stonewall. Mais cette fois-ci, la violence policière va trouver une réponse inattendue, durant plusieurs nuits les personnes LGBTI vont tenir la rue face aux flics, ce sont les émeutes de Stonewall. Un an plus tard, la première marche des fiertés avait lieu.

Les émeutes de Stonewall ont été le point de départ d’une période de luttes riches pour les droits des personnes LGBTI à l’époque ou l’homosexualité est pénalisée et traitée comme maladie psychiatrique. 50 ans plus tard, où en sommes nous ? Si des avancées et des droits ont été indéniablement obtenues au prix de luttes acharnées, la nécessité de luttes LGBTI, radicales, massives et offensives se fait tragiquement sentir.

Les migrant-es LGBTI en danger

74 pays dans le monde pénalisent encore l’homosexualité et/ou la transidentité. Dans certains pays, c’est la peine de mort. Les migrant-es issu-es de ces pays qui arrivent en France et ont besoin d’acquérir le statut de réfugié-es sont malmené-es par l’administration française. Leurs récits extrêmement douloureux, sont toujours mis en doute par les autorités. Les renvoyer, c’est leur promettre la mort. Il faut les accueillir toutes et tous, comme les autres personnes migrantes.

Il faut donc combattre le discours des racistes qui tentent de faire croire que l’homophobie vient des migrants ! Faut-il rappeler que l’année où les actes homophobes ont été les plus élevés est l’année 2013, quand la Manif pour Tous était à son apogée ? C’est une mascarade qui sert à la fois à ne pas prendre en compte l’homophobie française et à accuser les migrant-es.

2018, année noire pour les personnes LGBTI

L’association SOS Homophobie publie chaque année un rapport sur les actes homophobes déclarés en France. En 2018, et pour la troisième année consécutive, les agressions LGBTIphobes sont en hausse de 15 % ! Preuve que les oppressions liées au sexe au genre ou à l’orientation sexuelle ne reculent pas dans notre pays.

A l’international, cette année fut aussi marquée par les terribles vagues de persécutions et tortures en Tchétchénie. Ou l’arrivée de l’homophobe Bolsanero à la tête du Brésil, pays où 420 personnes LGBTI ont été assassinées en 2018. Partout et tout le temps, seuls nos luttes feront avancer nos droits. Notre solidarité et notre combat doivent être internationales !

Ne rien attendre du pouvoir

Les politiques d’austérité du gouvernement ont des conséquences directes qui touchent directement les personnes LGBTI : coupes budgetaires pour les assos de lutte contre l’homophobie et la transphobie, réduction du nombres de places en foyer d’accueil pour les LGBTI en rupture familiale ou encore baisse du financement des politiques de soins et préventions du Sida. Les personnes Trans sont particulièrement impactées, car se sont souvent les plus précarisées.

Mais il ne s’agit pas seulement de se défendre, il faut porter des revendications offensives. La reconnaissance de personnes intersexes et la fins des mutilations sexuelles qui leurs sont imposées. L’ouverture du droit à la PMA (Procréation Médicalement Assistée) pour toutes est un enjeu majeur. Aujourd’hui, la PMA ne peut être réalisée en France que pour un couple hétérosexuel. L’ouvrir aux couples lesbiens et aux femmes seules, c’est accepter que l’on peut fonder une famille sans la participation d’un homme. Comme attendu, le gouvernement Macron semble moins décidé à appliquer cette mesure de son programme que ses réformes anti-sociales ! A nous de lui mettre la pression.

Nous n’avons rien à attendre des gouvernements et des puissants, aussi gay-friendly qu’ils prétendent l’être. Le capitalisme s’apprête à vivre de nouvelles crises importantes, comme à chaque fois les droits des personnes LGBTI, comme des personnes racisées ou des femmes seront alors remis en cause. Alors 50 ans après Stonewall, nos luttes doivent retrouver l’offensive !

 
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