A Contre Courant : La spirale infernale

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Chaque mois, le mensuel Alternative libertaire reproduite l’édito de la revue alsacienne A Contre courant-> http://www.acontrecourant.org/, qui de son côté reproduit l’édito d’AL. Pour contacter ces camarades : ACC, BP 2123, 68060 Mulhouse Cedex

Semaine après semaine, la crise économique dans laquelle se débattent l’Europe en général et la France en particulier s’ingénie à démentir les prévisions et à déjouer les mesures de nos gouvernants. Si bien que, plus la crise dure, plus ils semblent dépassés par des événements qui les conduisent à se retrouver régulièrement cul par-dessus tête. Avant hier, la perte par l’Etat français de son fameux AAA était annoncée comme tout simplement impossible ; hier, on en entrevoyait la possibilité comme une catastrophe ; aujourd’hui, on déclare s’y préparer comme une simple épreuve supplémentaire sur le chemin de croix de la gestion de la crise.

La raison fondamentale en est connue des lecteurs d’ACC. La politique économique suivie par le gouvernement français, comme par la totalité des autres gouvernements européens, loin de préparer les conditions d’une sortie de la crise, ne fait que l’aggraver. Alors que tout un chacun sait bien qu’on ne sauve pas un asphyxié en l’étranglant, ces irresponsables qui nous gouvernent prétendent pourtant permettre à leurs Etats respectifs de réduire leurs déficits courants et leurs dettes à coup de politique d’austérité budgétaire et salariale, avec pour principal effet de contracter l’activité économique et de tarir les recettes fiscales. Plus fondamentalement, ce faisant, ils maintiennent, voire accentuent encore, le déséquilibre dans le partage de la richesse sociale en faveur du capital et au détriment du travail salarié qui est à la racine de l’aggravation de la crise structurelle du capitalisme depuis 2008.

Dans ces conditions, la voie à suivre pour commencer à sortir de cette crise se situe aux antipodes de la précédente. Nous en avons également déjà exposé les grandes lignes : moratoire du remboursement de la dette publique le temps de son audit, récusation de la part (majoritaire) de cette dette due aux « niches fiscales et sociales », nationalisations des banques qui menaceraient faillite de ce fait, alourdissement des prélèvements obligatoires sur le capital, les gros patrimoines et les hauts revenus, création d’emplois dans le secteur public, augmentation généralisée et dégressive des salaires, lancement d’une politique de grands travaux dans le but de la reconversion des secteurs de l’énergie, de la construction et des transports pour faire face à la crise écologique, etc. Le tout en entraînant sur cette voie d’autres pays européens autant que possible mais en n’hésitant pas à rompre avec l’Union Européenne si nécessaire.

Autant dire que pour briser la spirale infernale dans laquelle les politiques actuelles nous enferment, il faudrait une mobilisation massive des travailleurs que viendrait éventuellement relayer une action gouvernementale d’autant plus résolue qu’elle serait encadrée et entraînée par cette mobilisation. En somme, bien plus et bien autre chose qu’une simple campagne électorale et que des manifestations d’« indignation » sur quelques places publiques.

 
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