À Contre Courant : Pour l’émancipation sociale !

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Chaque mois, le mensuel Alternative libertaire reproduit l’édito de la revue alsacienne À Contre Courant, qui de son côté reproduit l’édito d’AL. Pour contacter ces camarades : ACC, BP 2123, 68060 Mulhouse Cedex.


La médecine de lente strangulation

Heureuse surprise pour l’élève attardé des politiques austéritaires  : la commission européenne lui donne un sursis de deux ans pour atteindre les 3 % de déficit budgétaire. Il doit remettre une copie correcte à Bruxelles au risque de se faire tancer à nouveau pour sa médiocrité néolibérale. Ses maîtres, qui s’alarment tout de même de la «  fatigue des peuples  » qui s’enfièvrent, veulent se montrer compréhensifs  : à la stratégie du choc ils vont substituer une strangulation plus douce. Si elle est aussi asphyxiante, elle présente à leurs yeux l’avantage de donner du temps pour pressurer encore les victimes.

En tout état de cause, pour les tenants de l’Europe libérale, il faut faire taire ces insolentes polémiques contre la règle d’or budgétaire, présentées comme germanophobes. L’europhilie l’exige, afin de maintenir les flux de remboursement des créances des Etats. Surtout ne pas perturber les marchés de la finance. Tel est le credo que doit entonner pépère Hollande à son examen de passage en présentant ses calculs  : 20 milliards d’économies obtenus par l’augmentation de la TVA au 1er janvier, par la baisse des retraites, par l’allongement de la durée de cotisations, par la dégressivité des indemnités chômage, par la baisse des allocations familiales, par la facilitation des licenciements et par des privatisations. A quoi s’ajouteront 7.5 milliards d’économies en 2014  avec la poursuite toute sarkozienne des réductions d’effectifs de fonctionnaires.

Pour parfaire le dessein, l’aimable complicité des « partenaires sociaux » sera-t-elle au rendez-vous  ?La dérèglementation du rail, de l’électricité et surtout des professions comme notaires, avocats, pharmaciens et taxis, exigée par la Commission, comporterait un risque de mobilisation à droite. C’est peut-être pourquoi la Royale Ségolène préconise le recours brutal aux ordonnances. Quant au FMI, il recommande de la «  souplesse  » dans la lente strangulation, ce qui nécessite un peu de temps et une solide lanière constituée d’éléments de langage soporifique, de pensées racoleuses. Cela suffira-t-il pour anesthésier les cerveaux privés d’oxygène qui demandent à être rassurés  ? Suffira-t-il qu’on les branche sur des communicants, leur susurrant qu’après cet étouffement viendront les bouffées d’air de la croissance et de la compétitivité retrouvées ?...

On les entend déjà, les injonctions paradoxales de la médiacratie  : «  Pour survivre avec moins, économisez mieux  !  », «  Pour relancer l’activité, dépensez plus  !  ». L’on en suffoque, avant de s’étrangler de rage contre la « castroïka » qui prétend infliger aux classes populaires la «  catastroïka  ». A pleins poumons, « soufflons nous-mêmes notre forge  !  ». « Nous ne devons rien, nous ne paierons rien  ! ». Ce sont les banquiers, les spéculateurs et autres prévaricateurs qu’il nous faut asphyxier.

 
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