À contre courant : Ça commence mal !

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Chaque mois, le mensuel Alternative libertaire reproduit l’édito de la revue alsacienne À Contre Courant, qui de son côté reproduit l’édito d’AL. Pour contacter ces camarades : ACC, BP 2123, 68060 Mulhouse Cedex.


2010 a mal commencé, en effet, poursuivant la pente descendante amorcée par la fin de l’année dernière, avec l’échec du sommet de Copenhague. Il était certes prévisible et d’ailleurs prévu, tant les contradictions sont puissantes entre les différents États, au Nord comme au Sud et plus encore entre les deux, tous prompts à afficher des intentions louables pour mieux se rallier au « moins disant » écologique ; tant surtout le projet de réformer écologiquement le capitalisme est en définitive une impasse. Mais, pendant ce temps, la crise écologique s’étend et s’approfondit, en rendant encore plus difficile la tâche de prévenir les catastrophes climatiques ou autres qui se profilent à son horizon.

La fin de l’année dernière nous a aussi gratifiés du résultat de la votation intervenue fin novembre en Suisse contre l’érection de minarets. Il ne pourrait que réjouir les mécréants que nous sommes s’il ne manifestait en fait une poussée xénophobe qui emprunte à l’esprit réactionnaire. Et c’est aussi, en partie, ce même esprit qui a permis l’élection d’un sénateur républicain dans le Massachusetts car les déçus des espoirs entretenus par Obama, sauveur de la bancocratie, se sont joints à ceux qui n’admettent pas les ponctions fiscales de quelque nature qu’elles soient. L’opposition républicaine à la réforme de l’assurance maladie a d’ailleurs pris des accents tellement hystériques que l’on se croirait revenu au temps du maccartisme.

Décidément la roue de l’histoire semble tourner à l’envers : le récent ralliement (puis la reculade honteuse) de la première secrétaire du Parti socialiste à l’idée qu’il va falloir augmenter l’âge minimal de départ à la retraite nous en fournit la preuve. Elle délivre ainsi un blanc seing au gouvernement pour procéder à une n-ième contre-réforme néolibérale de ce pilier de la protection sociale publique, destinée à le fragiliser un peu plus, pour le plus grand bénéfice des compagnies d’assurance privées. Et l’on apprend en même temps que la seule « retraite chapeau » de Proglio s’élèvera à 13 millions d’euros ! En voilà au moins un qui n’aura pas à s’inquiéter pour ses vieux jours.

Mais le cynisme affiché par les « maîtres du monde » a trouvé une bien plus belle occasion de se manifester avec le séisme qui vient de ravager Haïti. Alors qu’on ratisse les dizaines de milliers de cadavres pris sous les décombres à coup de bulldozers, tout ce que le monde capitaliste compte d’entreprises de travaux publics et de financiers de tous poils multiplie d’ores et déjà les projets et programmes de reconstruction. La larme à l’œil devant les journalistes mais se frottant les mains et jouant des coudes en coulisses, ils entendent bien tirer profit de ce nouveau « chantier du siècle », de manière à enfoncer un peu plus dans une dette perpétuelle un des peuples les plus pauvres de la planète. Une fois de plus, la misère des uns sera la condition de l’enrichissement des autres.

 
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