Agen : Zad sur Garonne

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Près d’Agen aussi, une Zad a vu le jour en décembre. Contre la construction de la « technopole Agen Garonne » qui risque de détruire 600 hectares de terres alluviales, le projet veut développer l’agriculture paysanne et la convergence des luttes dans la région.

La municipalité de Sainte-Colombe-en-Bruilhois (10 km d’Agen) a décidé de créer une nouvelle zone d’activité économique en bordure de la Garonne. Cette zone va s’étaler sur 280 hectares de terres agricoles pour y implanter des entrepôts et des parkings. Il faut également y rajouter 300 hectares d’infrastructures : ronds-points, rocades, échangeur d’autoroute, pont sur la Garonne, gare TGV sur la future ligne Bordeaux-Toulouse. Tout cela menace donc de détruire près de 600 hectares de terres alluviales de première catégorie, irriguées naturellement car situées en bordure de la Garonne. Le projet baptisé « technopole Agen Garonne » est censé s’achever à l’horizon 2020, ce qui imposerait que les premières parcelles soient mises à disposition des entreprises intéressées à partir de l’année 2016.

Ce projet de bétonnage de zones agricoles fertiles s’inscrit en plein dans la logique productiviste qui anime tous les décideurs politiques et qui participe à la crise écologique. Face à cette perspective, une résistance s’organise dans le département, créée sur des bases inhabituelles.

Occuper et cultiver de façon collective

En premier lieu il y a un agriculteur, Joseph Bonotto, par ailleurs un des animateurs du combat contre le projet de nouvelle ligne à grande vitesse (LGV) Bordeaux-Toulouse, au sein de l’association Très Grande Vigilance du Bruilhois et de l’Agenais. Menacé d’expropriation sur une partie de ses terres agricoles, il est à l’origine de l’appel à création de la Zad lot-et-garonnaise : il met à disposition des zadistes une partie de ses terres, située au cœur de la zone supposée accueillir le « technopole Agen Garonne » afin de l’occuper et de la cultiver de façon collective, ainsi qu’un grand hangar permettant d’organiser la vie quotidienne et de tenir toutes les rencontres militantes.

La Zad a été créée samedi 13 décembre, à la suite d’un appel publique à rassemblement. Quelques dizaines de zadistes se sont d’ores et déjà installé-e-s sur le site. En lien avec une association marseillaise, Filière paysanne, ils et elles sont porteurs d’un projet de maraîchage ou de petit élevage bio dont ils et elles voudraient proposer les produits aux cantines scolaires et sur les marchés de proximité.

Lors de la rencontre fondatrice de la Zad, outre les discussions concernant les modalités de fonctionnement de la Zad elle-même, et les débats autour des recours judiciaires en cours, s’est exprimée la volonté de faire de ce lieu, relativement proche d’Agen, le moteur d’une convergence des luttes, à la fois écologistes et sociales, au sein du département. Évidemment cela ne se fera pas sans difficultés. Mais d’ores et déjà la perspective d’inviter les associations de luttes à tenir leurs réunions sur le lieu, la volonté de construire à coté de la Zad un local ouvert en utilisant des méthodes de construction alternatives et d’inviter toutes celles et ceux qui mènent un combat pour la défense de la préservation de l’environnement ou pour la défense de leurs droits sociaux à s’exprimer sur ce lieu devront permettre d’avancer dans cette perspective.

Jacques Dubart (AL Agen)

 
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