Communiqué AL

Algérie : au-delà de Boutef, balayer la mafia au pouvoir

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Bouteflika n’est qu’un aspect du problème. Tout le monde sait très bien qu’il est impotent, et qu’il n’est qu’un homme de paille pour le clan des généraux qui détiennent le pouvoir réel. En voulant le remettre en vitrine malgré tout pour un 5e mandat, ceux-ci ont étalé trop ostensiblement leur mépris du peuple. À présent la rue s’exprime. C’est tout le système mafieux du pouvoir algérien qui doit être balayé.

Depuis le 22 février des centaines de milliers de personnes manifestent dans des dizaines de villes d’Algérie. Sur les réseaux sociaux les appels à mobilisation se sont répandus comme une traînée de poudre à l’annonce de la probable candidature aux élections d’Abdelaziz Bouteflika, au pouvoir depuis 1999. Depuis, la révolte s’amplifie, rejoint ces derniers jours par les universités et les lycées ou par les enseignant-es. Au-delà du refus du 5e mandat présidentiel, les mots d’ordre eux aussi, semblent s’élargir.


Rassemblements de solidarité en France :

  • Paris : dimanche 3 mars à 12 heures, place de la République
  • Lyon : samedi 2 mars, à 14 heures, devant le consulat général d’Algérie.
  • Marseille : dimanche 3 mars, à 14 heures, à Porte-d’Aix.
  • Toulouse : dimanche 3 mars, à 14 heures, place du Capitole.
Tract AL à télécharger en PDF

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Au delà de Bouteflika, un système à dégager

A près de 82 ans, Bouteflika est malade et incapable de prononcer un discours en public depuis un AVC en 2013. Incapable de participer à une cérémonie officielle, il y est généralement représenté par un cadre où figure son portrait. Si bien que de nombreuses et nombreux manifestants l’ont rebaptisés avec humour « Abdel Cadre », ou brandissent des cadres vides dans les cortèges.

Mais derrière Bouteflika se cachent des profiteurs qui accaparent la rente des hydrocarbures, alors qu’ils imposent l’austérité et la misère aux classes populaires. Des généraux et leurs héritiers constituent la colonne vertébrale de ce pouvoir mafieux qui adhère à l’économie néolibérale et à une idéologie islamo-nationaliste pour mieux défendre ses privilèges.

Le général Ahmed Gaïd Salah (un des hommes forts à Alger).
Le chef de l’état-major de l’armée algérienne déclarait le 23 janvier : « Nous prêtons serment que les élections se dérouleront dans un climat de quiétude grâce à l’aide et la volonté d’Allah le Tout- Puissant ». Raté mon général !
Source : Lechodalgerie-dz

 

La chape de plomb fissurée ?

Cela fait des années que le pouvoir cherche à museler toute contestation en réprimant les mouvements sociaux et en faisant taire les opposants, syndicalistes, activistes ou blogueurs. A nouveau, la répression est forte alors que les manifestations se veulent pacifistes. Pendant que les médias nationaux tentent ridiculement de cacher l’ampleur des manifestations, la police matraque et gaze à tout va. Les arrestations sont nombreuses et beaucoup ont été menées préventivement pour tenter d’étouffer la révolte. Les condamnations judiciaires ne se sont pas fait attendre non plus.

Le gouvernement, comme tous ceux qui n’ont pas intérêt à voir l’ordre établi remis en cause, brandit la menace d’un retour aux années de la « guerre sale » des années 1990, où le peuple était pris en étau entre la terreur imposée par les militaires, et celle déployée par les islamistes.

Mais aucun pouvoir n’est inébranlable, et la colère monte contre ce régime sans avenir. Une nouvelle fois la jeunesse semble constituer le fer de lance de la révolte. Rien d’étonnant pour cette génération condamnée au chômage, à la précarité et à la répression. Les manifestations prennent à présent un tournant social et ciblent l’ensemble du système en place.

Les généraux abandonneront-ils l’idée du 5e mandat pour calmer la révolte ? Tenteront-ils au contraire le pourrissement de la contestation ? Une chose est sûre : la chape de plomb s’est fissurée ; une brèche est ouverte.

Alternative libertaire exprime toute sa solidarité à la lutte du peuple algérien contre le régime en place et appelle à participer aux rassemblements de soutien qui ont lieu en France.

Alternative libertaire, le 2 mars 2019


MANIFESTATION DU 1er MARS À BÉJAÏA

Photos Arezki Saker.

« Aujourd’hui, demain, le combat continue »
« On veux des réformes. On veux le départ du système. »
« La Kabylie est contre ce pouvoir. Le changement jusqu’au bout. Pas de pardon (slogan du soulèvement kabyle de 2001). Nous demeurons des révolutionnaires »
« De Gaulle, reprends tes enfant. L’Algérie n’est pas ton pays »
 
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