Alternatives énergétiques : La France aussi peut sortir du nucléaire




Alors que des pays renoncent au nucléaire, on nous martèle en France qu’on ne peut faire de même. Tout est bon pour nous en dissuader : pénurie énergétique, flambée des prix, refus d’un recours aux énergies fossiles... Des scénarios prouvent pourtant que cette sortie est possible !

Une catastrophe nucléaire est possible en France. L’État s’y prépare. Les scénarios de gestion de la « phase d’urgence » existent, tout comme a été élaboré par le Codirpa [1] « une stratégie de gestion post-accidentelle à long terme ».

Nous ne pouvons pas attendre la fin du capitalisme pour en finir avec le nucléaire. Il faut dès aujourd’hui en enclencher la sortie et en premier lieu, arrêter les centrales les plus vieilles. Le rythme d’arrêt total du nucléaire fait débat. Faut-il relancer l’utilisation de centrales au fioul ou au charbon, avec leurs rejets de CO 2 ? Est-il possible d’arrêter immédiatement l’ensemble du parc électronucléaire sans entraîner un chaos économique, dans un pays où 80 % de l’électricité est « nucléaire » ?

Au delà des polémiques, deux éléments semblent incontournables. Nous devons enclencher un rapport de force face au lobby pro-nucléaire si puissant en France, en associant toutes celles et ceux qui veulent sortir du nucléaire. Et il faut populariser les études, par exemple de l’association NégaWatt [2], qui peuvent convaincre les hésitants.

Développer les énergies renouvelables

Ainsi, par une réorientation des crédits de recherche et des mesures incitatives et règlementaires, nous pourrons engager plusieurs étapes incontournables de la sortie du nucléaire.

D’une part des économies d’énergie importantes seront réalisées en favorisant des appareils durables et économes en énergie, en renforçant l’efficacité énergétique des bâtiments, en développant un urbanisme plus concentré et intégré qui rapprocherait lieu de vie et de travail ; mais aussi par le développement des transports en commun ou le covoiturage, la mise en place des circuits courts et locaux de production/consommation, par la réorientation d’une agriculture aujourd’hui très consommatrice d’énergie vers l’agriculture bio...

D’autre part, le scénario NégaWatt prévoit de compenser l’arrêt du nucléaire par le développement des énergies renouvelables : si on installait des panneaux solaires sur 50 % des bâtiments existants, on pourrait satisfaire la consommation totale d’électricité du pays. L’éolien maritime pourrait lui aussi satisfaire l’ensemble des besoins du pays en électricité. La biomasse pourrait en satisfaire 20 %. Le gaz naturel, avec des techniques de combustion améliorées, permettrait de compenser l’intermittence des énergies renouvelables et les pics de consommation. La réhabilitation des logements existants créerait 100 000 emplois qualifiés en quelques années. L’éolien emploierait 200 000 personnes d’ici 2050, et le solaire 150 000.

La sortie du nucléaire à court terme est possible, et serait socialement bénéfique.

Jocelyn (AL Paris Sud)

[1Le Comité directeur pour la gestion de la phase post-accidentelle d’un accident nucléaire ou d’une situation d’urgence radiologique (Codirpa) a été mis en place par l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) en juin 2005 suite à la directive interministérielle du 7 avril 2005 qui la chargeait d’établir le cadre et de définir, préparer et mettre en œuvre les dispositions nécessaires pour répondre aux situations post-accidentelles en cas d’événement entraînant une situation d’urgence radiologique.

[2Fondée en France en 2001, l’association NégaWatt a pour objectif de promouvoir la protection de la biosphère, la préservation et le partage équitable des ressources naturelles. La démarche négaWatt de l’association s’appuie sur la sobriété énergétique, l’efficacité énergétique, et le recours aux énergies propres comme les énergies renouvelables, par cogénération au gaz et une sortie du nucléaire civil.

 
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