Antiracisme : Dans la rue, le 5 avril !

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« La xénophobie d’État tue les droits de toutes et tous. La France c’est ceux qui y vivent. Français immigrés solidarité et égalité. » C’est sous ces mots d’ordre que le collectif Uni-e-s contre l’immigration jetable (UCIJ) appelle à une grande manifestation nationale antiraciste le 5 avril.

Depuis que Sarkozy a pris les commandes de l’État et a donné des objectifs chiffrés d’expulsions à Hortefeux, les rafles de sans-papiers se banalisent à l’exemple de celle réalisée le 12 février dernier au foyer Terres-au-Curé dans le XIIIe arrondissement de Paris. Plus de 400 flics accompagnés de chiens investissent le foyer. Violences physiques, mobilier cassé, vols. Deux des occupants effrayés sautent par la fenêtre.

Au total, près de 115 arrestations et à ce jour, il est encore difficile d’établir le nombre de personnes en rétention et expulsées. En mauvaise posture dans les sondages, la droite ne compte pas s’arrêter en si bon chemin. Des projets encore plus liberticides sont dans les cartons : harmonisation européenne de la durée de rétention à 18 mois, accord européen sur la fermeture des frontières et l’interdiction pour les pays ressortissants de régulariser globalement, expulsion de 5 ans du territoire de l’UE, mise en place de juridictions d’exception pour les étrangers et les étrangères en France. Voilà pour le concret.

Le bouc émissaire

Mais pour mieux faire passer la pilule, il faut accompagner tout cela d’une campagne idéologique et médiatique qui assimile l’étranger à l’insécurité. Non content de faire passer les immigré-e-s pour une catégorie qui menace l’identité nationale, l’État entend présenter l’étranger (de préférence noir, métis et musulman) comme bouc émissaire et cause de tous les problèmes du pays. Cette campagne nauséabonde, chère à l’extrême droite, cherche à masquer la politique de démolition sociale entreprise par la droite et tente de détourner l’opinion des vrais problèmes : chômage, précarité, salaires en berne, démolition de la protection sociale, droit des femmes remis en cause, services publics démantelés, etc.

Cette politique justifie encore la mise en place d’un véritable État policier de plus en plus prégnant dans les quartiers populaires. Il ne serait pas surprenant que les opérations médiatiques comme celle qui a eu lieu lundi 18 février à Villiers-le-Bel se multiplient dans les semaines à venir. Face à l’ampleur des attaques il y a urgence à faire converger toutes les forces qui se battent pour défendre les droits des étrangères et des étrangers mais plus globalement qui aspirent à une autre politique. Une politique qui remette au cœur du projet de société, la question de la solidarité, de la justice sociale et de l’émancipation de toutes et tous. La manifestation du 5 avril doit constituer une première étape dans la construction d’un rapport de force favorable aux opprimé-e-s et permettre la reconstruction d’un mouvement antiraciste fort, avec un enracinement local dans les quartiers et en capacité de peser dans la société.

Lucien Pivert (AL Paris sud)

 
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