Appel «  On bloque tout  » : Un premier bilan

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Lancé le 22 mars, l’appel de syndicalistes « On bloque tout ! » a rassemblé plus de 1600 signataires – dont plus de 120 structures syndicales en tant que telles. Mettant en débat la grève reconductible, il a ­surtout permis de populariser l’objectif de blocage de l’économie.


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Lorsque l’appel « On bloque tout ! » est lancé, le mouvement social vient de prendre son envol avec la manifestation du 9 mars  [1]. Le but est alors de battre le fer en posant d’entrée de jeu une question simple : veut-on gagner et si oui, comment fait-on ?

Nous ne partions pas de rien. L’expérience des grands mouvements précédents ai­dant, il est alors évident que c’est le blocage de l’économie qui doit être recherché. Et qu’il n’y a pas de blocage de l’économie réel sans une grève forte, ancrée, généralisée et reconduite massivement. Tout au long de la lutte contre la loi Travail, c’est ce que c’est efforcé de faire partager l’appel « On bloque tout ! ».

Par le nombre, la provenance géographique et la diversité organisationnelle de ses signataires – même si les militant-es et structures de Solidaires en représentent plus de la moitié et celles et ceux de la CGT plus du quart –, on peut estimer que ce sont des dizaines de milliers de syndicalistes de lutte qui ont débattu, échangé, partagé les termes de l’appel. On a ainsi vu le logo « On bloque tout ! » fleurir sur des tracts, des banderoles, des pages web... faisant office de cri de ralliement pour les plus déterminés à ne rien céder au gouvernement et au patronat. Nul doute que la dynamique de l’appel ne s’est pas essoufflée et à su s’adapter au mouvement réel.

Les blocages sans la grève ?

L’existence de la dynamique « On bloque tout ! » a été incontestablement utile. Le site web et la page Facebook ont été les caisses de résonance de nombreuses actions. Des contributions régulières ont ponctué les différentes séquences de la lutte
et essayé d’aborder ses différents aspects (sur la répression, le lien à Nuit debout par exemple…). On a vu se créer dans quelques villes des collectifs « On bloque tout ! » (à Grenoble, à Marseille, à Nantes, à Pau…) ; une rencontre nationale a été organisée le 23 avril et un meeting francilien le 19 mai.

Pour autant, la difficulté à ancrer la grève et plus encore à la reconduire a parfois mené à ne retenir de l’appel que la question du blocage de l’éco­nomie, privilégiant l’activisme… au risque de le déconnecter de la recherche d’un rapport de forces appuyé sur l’action gréviste. D’autres aspects de l’appel sont un peu restés dans l’ombre : autour de l’autonomie du mou­vement social et des revendications (les 32 heures notamment).

Un chose est sûre : cet appel aura permis de faire un pas dans l’affir­mation d’un syndicalisme de lutte contemporain, nécessaire pour redonner le sens et le goût de l’action collective au plus grand nombre.

Théo Rival (AL Orléans)

[1«  Syndicalisme : Pour gagner, tout bloquer  », Alternative libertaire, mai 2016.

 
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