Appel libertaire - Séville 2002

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L’Union européenne, machine de guerre contre les droits sociaux

Le gouvernement espagnol pour sa présidence de l’Union européenne veut renforcer la répression et l’emprise du marché sur la société. Mais les résistances se multiplient contre la construction de l’Europe S.A. qui renforce l’injustice sociale, les oppressions et les inégalités entre les plus riches et les exploité(e)s, entre les hommes et les femmes ou par rapport aux pays de l’Est et du Sud.

Les politiciens/ennes prétendent que la politique européenne est bénéfique pour la majorité, alors qu’elle ne sert que les intérêts des possédants et des décideurs. Ils ne parviendront pas à nous faire renoncer à nos droits et à nos rêves d’un monde meilleur et plus juste.

  • « L’Europe, c’est la liberté » ? La liberté pour les transactions financières mais toujours plus d’apartheid social pour les populations, plus de policiers pour réprimer toute forme de contestation ! La liberté aussi pour les immigré-e-s de se faire expulser, sous le coup des lois xénophobes de l’Europe-Forteresse. A Séville, il sera discuté de la mise en place d’une police européenne pour limiter les entrées dans l’espace Shengen. C’est à la misère qu’il faut s’attaquer pas aux immigré-E-s !
    • Suppression des lois liberticides et des régimes d’exception !
    • Liberté de circulation et d’installation pour tou-TE-s, sans condition de nationalité !
    • Solidarité internationale concrète avec les peuples victimes de la globalisation !
  • « L’Europe, c’est l’égalité » ? Répartition toujours plus inégalitaire des richesses, discriminations racistes et sexistes permanentes. L’Europe, c’est moins de droits pour les opprimé-e-s, tous les droits pour les possédants !
    • Contre le patriarcat, égalité réelle entre les hommes et les femmes !
    • Egalité politique, économique et sociale !
  • « L’Europe, c’est la prospérité » ? Des dizaines de millions des travailleurs/euses de plus en plus exploité-e-s, contrôlé-e-s, dominé-e-s et précarisé-e-s ! Des millions des prolétaires acculé-e-s à la pauvreté, de sans-emplois, de sans-abris, de mal-logé-e-s, de mal soigné-e-s, assisté-e-s, scolarisé-e-s !
    • Redistribution réelle des richesses, Autogestion de tous les moyens de production et d’échange !
  • « L’Europe, c’est la paix » ? Guerres en Irak (aujourd’hui le peuple irakien est toujours victime de l’embargo mis en place par les puissances impérialistes par l’intermédiaire de l’ONU), en ex-Yougoslavie, et en Afghanistan ! L’Europe vend des armes et forme des militaires et des policiers/ères pour les pires dictatures du monde. Politiquement, économiquement et culturellement, l’Europe mène une politique impérialiste.
    • Reconversion des industries d’armement à des fins civiles et d’utilité sociale !
    • Démantèlement des armées et accueil des déserteurs/euses !
  • « L’Europe, c’est la sécurité » ? L’Europe, c’est les tirs à balles réelles et les assassinats, à Göteborg ou à Gênes. L’Europe, c’est l’insécurité sociale, avec l’institution du chômage et de la précarité comme norme.
    • Nous devons déterminer ce qu’on produit et ce que l’on consomme, comment, avec quels moyens, en tenant compte des conséquences humaines, écologiques.
  • « L’Europe, c’est le respect de la nature » ? Le productivisme capitaliste, c’est l’insécurité écologique et alimentaire : dérèglement du climat, vache folle, marées noires, catastrophes industrielles, organismes génétiquement modifiés, électricité nucléaire !
    • Rupture radicale avec le productivisme capitaliste !
  • « L’Europe, c’est la démocratie » ? Ministres de droite extrême au gouvernement en Italie, en Autriche et aux Pays-Bas ; et extrême-droite toujours plus puissante en France, Belgique, Angleterre, Allemagne... Le fonctionnement de l’Union Européenne est de toute façon faussement démocratique, ses institutions étant, comme dans chacun des pays membres, au service des bourgeoisies et des multinationales.
    • Démocratie directe, autogestionnaire et fédéraliste !

La résistance sociale ne s’arrête pas aux contre-sommets

Les grandes manifestations contre les réunions des centres de pouvoir économique et politique du capitalisme globalisé ne sont qu’une expression d’un mouvement de lutte qui doit combattre partout, dans nos lieux de travail et de vie, ce sytème de domination, d’exploitation et d’aliénation. Nous nous mobilisons contre les instances supranationales et supra-étatiques du capitalisme globalisé : UE, G8, Banque Mondiale, Fonds Monétaire International. Ces institutions ne sont ni à réformer ni à recycler.

Nous agissons ici et maintenant pour bloquer leurs actions, pour attaquer leurs stratégies, jusqu’à ce que nous soyons suffisamment forts pour instituer un autre ordre du monde. Chaque lutte, portée par l’action directe, l’auto-organisation et la démocratie de base, inscrit dans le monde un peu de dignité, de justice, d’égalité et de solidarité.

Pour nous, les luttes ne sont pas un moyen de prendre des postes de pouvoir arrachés à d’autres. Nous ne voulons pas du pouvoir, nous voulons la démocratie de base, directe, pour toutes et tous ! Nous voulons l’égalité entre les hommes et les femmes, entre les peuples, entre les collectivités humaines et les individus. Nous ne voulons mettre aucune limite à notre marche en avant vers la transformation sociale et l’émancipation !

Premiers signataires : Alternative libertaire (France), Confederacion General del Trabajo (Espagne), Federazione dei comunisti anarchici (Italie), Funktionshindrades Befrielsefront (Suède), No Pasaran (France), Organisation Communiste libertaire (France), Organisation socialiste libertaire (Suisse), Red Libertaria Apoyo Mutuo (Espagne), Workers solidarity movement (Irlande).

 
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