Automobile : Premières tentatives de coordination

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Le 17 septembre avait lieu la première manifestation regroupant des délégations des travailleurs et des travailleuses en lutte dans l’industrie automobile. Ambiance chaude et combative.

Loin des manifestations « plan-plan », il y avait le 17 septembre, devant l’ancienne bourse de Paris – le palais Brongniart –, une atmosphère de combat, mais aussi d’unité et de convergence. Plusieurs milliers de personnes se sont rassemblées à l’appel du Collectif contre les patrons voyous et licencieurs (initié par les travailleuses et les travailleurs de New Fabris) ainsi que des fédérations CGT de la Métallurgie et de la Chimie, et de Solidaires-Industrie et chimie. Les prises de paroles de Xavier Mathieu (Continental) et de Mickaël Wamen (Goodyear) clairement de lutte de classe et ciblant le patronat et le gouvernement, ont électrisé l’ambiance. Les portes de la bourse ont ensuite été forcées par les manifestants pour une invasion qui, si elle est restée symbolique, a montré leur détermination à ne pas se contenter de défiler encadrés par les flics.

Et si on parlait de reprise en main ?

Cette manifestation a également été l’occasion d’une rencontre entre délégations de plusieurs boîtes en luttes. Si tout le monde n’a pu s’y rendre, il s’est agi d’un premier pas concret pour discuter de la coordination des luttes entre les boîtes menacées de licenciements, dans la suite de l’appel des New Fabris. L’inaction de certaines structures syndicales a été évoquée, mais le mot d’ordre central a été d’agir en positif pour aider à la réalisation du « tous ensemble » pour une issue victorieuse. Les prochains rendez-vous se feront certainement autour de la date intersyndicale du 7, et de celle de la CGT du 22 octobre « pour défendre une politique industrielle », qui s’explique en partie par la proximité du congrès confédéral.

Tout cela a fait de cette manifestation une étape importante. Les luttes dans ce secteur restent trop éparpillées. Mais on ne peut se contenter de convergence ou de parler de « politique industrielle », ce que Sarkozy d’ailleurs fait régulièrement. Si l’urgence est à la défense des emplois, il faut au moins imaginer ce que pourrait être d’aller plus loin, c’est-à-dire l’expropriation et l’autogestion des moyens de productions, et leur reprise en main par les personnes qui y travaillent, sous leur contrôle direct. Nous travaillons, nous produisons la richesse, nous décidons ! Alternative libertaire porte ce type de revendications. La réquisition, l’expropriation, l’autogestion, permettent la remise en cause du type actuel de production, de reconvertir l’appareil productif à des fins socialement plus utiles. Par exemple, vaut-il mieux construire toujours plus de voitures individuelles ou plutôt des transports collectifs, alors que nous sommes dans un moment de crise écologique majeure ? Il est temps de réfléchir collectivement aux moyens et à la finalité de ce que nous produisons.

Simon Laviec (AL Saint-Denis)

 
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