Autonomie des mouvements sociaux : Sauvons-nous nous-mêmes

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Des associations et syndicats ont commencé à se rencontrer, à l’initiative de Solidaires, pour reposer les bases d’une revendication ancienne  : celle de l’autonomie du mouvement social par rapport aux organisations politiques.

Nombre d’organisations politiques ont pour pratique de nier l’autonomie des mouvements sociaux, et notamment des syndicats. Mais faire ce constat n’a aucun intérêt si on ne l’accompagne pas d’une analyse sur les raisons de cette situation et de décisions pour y remédier. Des décisions qui doivent concerner en premier lieu non pas celles et ceux qui instrumentalisent, mais nos organisations syndicales, nos associations de lutte, nos collectifs militants, pour qu’ils soient suffisamment armés pour déjouer les manœuvres perpétuellement renouvelées.

Cette réflexion a resurgi notamment au sein de Solidaires dont le bureau national a décidé, avant l’été dernier, de vérifier auprès de diverses organisations si la relance d’un travail de réflexion et de mise en pratique de l’autonomie du mouvement social était un souci partagé. Il en est résulté quelques premières réunions depuis septembre, articulées autour des questions suivantes : comment est-on passé de la pratique de contre-pouvoir à celle d’expertise dans les mouvements sociaux  ? Pourquoi nos convergences se limitent-elles à des campagnes sur telle ou telle thématique  ? Comment s’est opéré un certain repli «  identitaire  » des mouvements sociaux sur leur champ d’activités  ? Comment éviter le leurre qu’une seule forme organisationnelle puisse enfermer la pluralité des mouvements sociaux et leurs bases sociales  ? Comment répondre à la dépolitisation sur les enjeux fondamentaux de société  ?

Relancer la dynamique

En 1998, un «  Appel pour l’autonomie du mouvement social  » avait été publié par des syndicalistes et des militantes et militants associatifs  [1] suivi d’un second, l’année suivante. Aujourd’hui, les acquis concrétisés dans ces prises de position sont en partie à reconquérir, en partie à recontextualiser. En 2006, il y a eu une tentative de construction d’un «  réseau de convergence des mouvements sociaux  », aujourd’hui oubliée.

Il est nécessaire de prendre à présent le temps de relancer la dynamique. Et d’élargir encore les organisations impliquées. Plusieurs associations sont engagées dans la démarche  : DAL, la Fédération des associations de solidarité avec tou-te-s les immigré-e-s (Fasti), Attac, Les Amis de la terre, l’Association pour l’emploi, l’information et la solidarité des chômeurs et travailleurs précaires (Apeis), AC !, le Mouvement national des chômeurs et précaires (MNCP), l’Association internationale de techniciens, experts et chercheurs (l’Aitec, du réseau Initiatives pour un autre monde), le Mouvement des objecteurs de croissance... Du côté syndical, le panel intéressé est plus restreint : Solidaires, la CNT-SO et la Confédération paysanne.

Christian (AL Transcom)

 
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