International

« Barcelone, Varsovie, Stalingrad, Kobanê »

Version imprimable de cet article Version imprimable


Reportage photo par Cuervo (AL Paris-Sud) sur la manifestation de soutien à la gauche kurde du 18 octobre 2014 à Paris, et texte de l’allocution des organisations libertaires.


Les autres articles du dossier :

Des fonds pour la révolution !


Environ 3.000 personnes ont défilé de Bastille à Nation le 18 octobre, en soutien à la ville de Kobanê, qui résiste toujours aux djihadistes.

En plus des organisations de la gauche kurde de la mouvance du PKK et du PYD, la présence française était nettement plus conséquente que les semaines précédentes : Front de gauche, NPA, mais surtout un fort cortège libertaire avec AL, FA, CGA, OCL et CNT-SO.

A la fin de la manifestation, place de la Nation, un camarade en a donné lecture à la foule. Se sont également exprimés le PCF, MSF, les Verts, le NPA, un représentant du Conseil de l’Europe et une camarade d’une organisation kabyle.


ALLOCUTION LIBERTAIRE

« Barcelone, Varsovie, Stalingrad

La bataille qui se livre aujourd’hui à Kobanê impose le souvenir de ces trois cités.

Barcelone, 1936. Les fascistes se sont cassés les dents sur cette citadelle ouvrière, épicentre de la révolution espagnole.

A Barcelone, deux mondes se sont affrontés : d’un côté, les forces libertaires, laïques, féministes et révolutionnaires ; de l’autre l’obscurantisme, le fascisme et le fanatisme religieux.

Comment, aujourd’hui, ne pas penser à Barcelone, quand à Kobanê deux mondes s’affrontent à nouveau ?

Varsovie, 1944. Il y a soixante-dix ans exactement. Pendant soixante jours, les insurgés polonais ont tenu tête à l’armée nazie.

Pendant soixante jours, ils se sont battus quartier par quartier, rue par rue, maison par maison.

Pendant soixante jours, l’armée soviétique a stationné, l’arme au pied, à quelques kilomètres.

Pendant soixante jours, Staline a laissé Hitler faire le sale boulot à sa place. Une fois Varsovie brisée par les nazis, l’armée soviétique a occupé la ville.

Comment, aujourd’hui, ne pas penser à Varsovie, devant le cynisme de l’État turc vis-à-vis de Kobanê ?

Stalingrad 1943. Pendant des mois, l’armée hitlérienne a épuisé ses forces en vain, incapable de s’emparer de la cité. Cet échec a brisé son moral, stoppé son expansion, préludé à sa déroute.

Comment, aujourd’hui ne pas espérer que Kobanê sera le Stalingrad de l’État islamique ?

Les miliciennes et les miliciens qui se battent à Kobanê le savent.

Ils portent sur leurs épaules la possibilité d’un autre futur pour tout le Moyen-Orient. Celui du confédéralisme démocratique mis en œuvre au Kurdistan syrien depuis 2012.

C’est pourquoi les anticolonialistes, les féministes et les révolutionnaires du monde entier peuvent vibrer pour eux.

L’hypocrisie doit cesser.

La gauche kurde ne doit plus être classée comme "terroriste" pour complaire à Ankara.

Les réfugiés ont besoin d’aide, pas des grenades lacrymogènes de l’armée turque.

Kobanê a besoin d’armes et de renforts. Pas du blocus cynique qu’on lui impose.

Ce combat est aussi le nôtre.

Vive Kobanê libre ! Vive le Kurdistan libre ! Vive la révolution ! »

 
☰ Accès rapide
Retour en haut