Campagne BDS : Agrexco en pleine déroute

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La Coalition contre Agrexco a réussi à décrédibiliser l’image de la compagnie qui n’hésite pas à se prétendre le sauveur du peuple palestinien. A présent, c’est toute sa structure financière qui menace de s’écrouler. Vive le boycott.

Agrexco commercialise illégalement des produits cultivés dans les territoires occupés tout en laissant croire qu’ils viennent d’Israël. La compagnie appartient en partie à l’Etat israélien et commercialise pas moins de 60 % des produits agricoles venant de colonies illégales, fournissant ainsi une incitation économique à la poursuite du régime d’occupation et de colonisation.

Cette politique est particulièrement présente dans la vallée du Jourdain où les colons contrôlent plus de 95 % des terres et de l’eau. Le seul moyen de subsister pour les producteurs palestiniens est soit de vendre leur cultures à des compagnies comme Agrexco, soit de travailler directement pour eux pour des salaires de misère. Agrexco a ensuite profité du blocus de Gaza pour s’assurer un monopole dans l’exportation des produits gazaouis.

En 2009, Georges Frêche, alors président de la région Languedoc-Roussillon, décide d’implanter Agrexco sur le port de Sète lui permettant ainsi d’inonder l’Europe de sa production.

Agrexco, sauveur des gazaouis…

La Coalition contre Agrexco réunit 80 organisations de la région. Deux éléments sont mis en avant par la Coalition comme étant contraires au droit international : l’exploitation des ressources agricoles de ces colonies illégales et les étiquettes israéliennes apposées sur ces produits afin de pouvoir bénéficier des avantages offerts par les accords d’association de libre échange Union européenne-Israël.

La Coalition s’inscrit dans la campagne de Boycott, désinvestissement, sanctions (BDS) lancée en 2005 par la société civile palestinienne contre Israël. En décembre 2010, Agrexco tente un gros coup : l’opération « fraises de Gaza ». La compagnie explique très sérieusement qu’elle soutient les Gazaouis et participe au développement économique de la région. Elle semble oublier que les producteurs gazaouis n’ont pas d’autres choix que de vendre leur production à Agrexco. Alors que l’économie gazaouie s’est littéralement effondrée et que la population n’a même pas les moyens de reconstruire un pays ravagé par l’opération plomb durci, Agrexco se présente comme le sauveur de la Bande de Gaza. Le Crif et la Chambre de commerce France-Israël n’ont ensuite pas hésité à expliquer que la Coalition et la campagne BDS étaient tout simplement « une attaque contre les Palestiniens »… Si Agrexco souhaite vraiment participer au développement de la Bande de Gaza, elle pourra se prononcer pour la levée du blocus, mais on peut douter que ce soit du goût de son principal actionnaire, l’État d’Israël.

Bien sûr, les élus de la région Languedoc Roussillon ne cessent de clamer qu’ils agissent en respectant le droit international. Manque de bol, cela fait des années qu’Agrexco est pris la main dans le sac. En 2004, la Cour internationale de Justice juge que ses produits ne sont pas qualifiés pour un traitement douanier préférentiel. En Angleterre en 2006, le directeur d’Agrexco Royaume-Uni reconnaît lors d’un procès que l’entreprise exporte en majeure partie des productions cultivées dans les colonies illégales. Enfin, le 25 janvier 2011, le tribunal de commerce de Montpellier saisi par la Coalition rend son rapport : Agrexco débarque des produits provenant des colonies illégales et fraude sur l’origine de ses produits en les certifiant comme provenant d’Israël. En juin, les difficultés financières de la compagnie apparaissent au grand jour : 14 millions de pertes et désaffections annoncées de partenaires commerciaux.

La Coalition contre Agrexco se félicite que la campagne de boycott ne soit sans doute pas sans lien avec cet affaiblissement financier. Continuons à soutenir le peuple palestinien, continuons le Boycott !

François Molinier (AL Paris Nord-Est)

 
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