Campagne : En mouvement contre les privilèges

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Le 26 février, la campagne « Nos droits contre leurs privilèges » a été lancée en fanfare. En pleine campagne présidentielle : pas question de mettre un couvercle sur les revendications des mouvements sociaux.

Le 26 février, plusieurs centaines de personnes ont investi un bâtiment vide de 10 000 m², situé à proximité de la place de la République à Paris (photo). L’objectif est double : trouver un toit aux familles mal logées ou sans logis qui luttent avec l’association Droit au logement (DAL), mais également installer un siège de campagne des mouvements sociaux, faute de mystérieux mécènes pour les financer.

Dans l’immense bâtiment, les prises de paroles se succèdent tandis que l’occupation se met en place. Nourriture et packs d’eau sont promptement acheminés et une petite équipe gagne les toits en prévision d’une possible évacuation. Le tout en musique grâce à la présence de la Fanfare invisible.

Très vite, les premiers véhicules de police font leur apparition et progressivement les forces de l’ordre se font de plus en plus nombreuses. Elles finiront par procéder à l’évacuation de ce bâtiment vide, propriété de la Mairie de Paris qui est en train de le vendre à la à la chambre de commerce pour 35 millions d’euros. En contrepartie, celle-ci vend la Bourse du commerce à la Ville de Paris pour 86 millions d’euros. À l’issue de cette juteuse opération déficitaire de quelques millions, la ville va sûrement installer des logements sociaux, un hôpital ou une crèche ?

Marche le 1er avril à Paris

En fait non, elle préfère louer les bâtiments à François Pinault – dont la fortune estimée à 14 milliards d’euros – pour 60 000 euros par an d’après le communiqué de presse publié par le collectif « Nos droits contre leurs privilèges ».

Expulsé.es des lieux par la police les militants et militantes mobilisé.es ce jour-là ont au moins mis en lumière cette opération de privatisation de biens publics. Et ont promis de renouveler ailleurs ce type d’opérations.

D’autres événements sont d’ores et déjà prévus notamment en région parisienne avec la marche du 1er avril.

Mais pour que la campagne décolle vraiment, il faudrait que ses déclinaisons locales soient plus nombreuses et que toutes les organisations s’en saisissent véritablement. Or on a aujourd’hui l’impression que certaines se contentent d’un appel et de quelques publications sur Facebook. Un seul autocollant, pas d’affiches, des comptes sur les réseaux sociaux qui ne décollent pas : on est aujourd’hui encore loin des objectifs initiaux. Pourtant les constats ayant amené à son lancement se réalisent pleinement.

Romain (AL Paris Sud)

 
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