Chauffage urbain : Les municipalités contre le tarif social

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Les quartiers populaires de l’agglomération grenobloise paient des prix exorbitants de chauffage urbain depuis quelques années. Les habitantes et habitants ont décidé de réagir.

La production de chauffage urbain est assurée par la Compagnie de chauffage de l’agglomération grenobloise (CCIAG). Parmi les actionnaires de ce service public – en plus des municipalités de l’agglomération – se trouve notamment Dalkia, une filiale de Véolia. En 2008, les communes de l’agglomération ont voté un changement de la tarification. Depuis, les prix ont considérablement augmenté pour les habitants des logements collectifs : plus de 20 %, sans rapport avec l’augmentation des combustibles et doublement du coût de l’abonnement. La CCIAG a dégagé un bénéfice net de 6 millions d’euros et a versé 900 000 euros de dividendes aux actionnaires pour 2008 et 2009. Il n’est pas acceptable que se prolonge une situation qui est durement subie par les usagers et participe au développement de la précarité et de la dégradation des conditions de vie, notamment pour les foyers les plus défavorisés.

La résistance s’organise

La lutte a commencé dès 2010 au quartier de la Viscose, cité HLM historique bâtie dans les années 1920, mal isolée et donc moins bien chauffée. Ces hausses de prix sont insupportables pour les habitants. Depuis, ce sont plusieurs quartiers de l’agglomération qui se sont mobilisés.

Les usagers se sont regroupés au sein du Collectif pour un chauffage urbain juste et solidaire, impulsé par la Confédération nationale du logement, des syndics de copropriétaires et des associations de quartiers.

Les collectifs demandent à la CCIAG une baisse du tarif et de l’abonnement, le passage à un tarif social et la gestion en régie du service public de chauffage. Sont enfin réclamées plus de transparence dans la gestion de la compagnie et la possibilité d’une participation véritable des usagers aux instances de décision.

On est loin d’une mobilisation de masse

Le 18 avril dernier, le collectif a occupé le hall de la mairie de Grenoble et perturbé le conseil municipal. Un rendez-vous avec la mairie avait été obtenu. La même chose avait été faite dans les bâtiments de la Métro - la communauté d’agglomération grenobloise - ainsi que des rassemblements devant les mairies des autres villes concernées. De la part de la mairie de Grenoble, seules de vagues promesses ont été obtenues. En revanche, elle a catégoriquement refusé le passage à un tarif social du chauffage, parait-il sur la base d’une décision nationale.

Le collectif maintient la pression et un nouveau rassemblement devant la mairie s’est tenu le 28 Juin. Mais une mobilisation de masse n’est pas encore d’actualité : le collectif suit l’agenda des réunions données par les municipalités, ce qui espace trop les moments d’actions. Malgré tout, des collectifs locaux se créent par quartier et mobilisent, peu à peu, d’avantage de monde. Mais il faut monter d’un cran et, à terme, développer et élargir ce type de mouvement contre la cherté de la vie en général et faire converger les luttes locales.

Nico Pasadena (AL Grenoble-Echirolles)

 
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