Chiens de garde : L’État assassine, toujours

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La police a toujours été employée au service du pouvoir établi, que ce soit sous la monarchie ou sous la République. Les pauvres ont toujours été criminalisé-es. En ces temps où la violence des flics atteint des sommets, un historique des crimes policiers n’est pas inutile.

Dès le 19e siècle, la police voit son effectif multiplié par deux avec la révolution industrielle et l’essor de la population urbaine  : elle est utilisée pour réprimer les révoltes populaires et les grèves de syndicats en pleine structuration... les fameuses « classes dangereuses  ». Avec Clémenceau (début du 20e siècle) c’est l’avènement de la police politique avec la création des «  brigades du tigre  ». Là ce n’est pas tant la «  criminalité  » qui inquiète le pouvoir que les anarchistes et la «  propagande par le fait  ».

Une Police antisémite et raciste

Sous Vichy, en 1941, naît la police nationale. Son rôle  : chasser les juifs et juives, et les résistants et résistantes en priorité. Les CRS (compagnies républicaines de sécurité) sont créées dans l’après guerre et sont composées de résistants et d’anciens gardes mobiles (GMR) issus des troupes vichistes. Mais en 1947, les CRS sont dissoutes pour ne pas avoir suffisamment réprimé les grandes grèves ouvrières. Renouvelées, elles obéissent désormais aux ordres. Et ce sont déjà les socialistes qui sont à l’œuvre en 1948 quand Jules Moch, alors ministre de l’intérieur, envoie les CRS contre les mineurs avec ordre de tirer (la répression est terrible). Ce n’est qu’un début.

Les CRS ont par ailleurs à leurs actif Charonne, le 17 octobre 1961 (répression meurtrière d’une manifestation contre la guerre d’Algérie, organisée par la branche française du FLN) et la répression en 1968. De Marcellin à Pasqua, la répression ne cesse de croître : Malik Oussékine en 1986 est victime des voltigeurs, une brigade motorisée qui est dissoute sous la pression populaire.

En 1994, la tristement célèbre BAC (brigade anti-criminalité) créée à Paris pour chasser les délinquants immigrés dans les quartiers populaires s’étend à tout le pays.

Avec l’attentat du métro Saint-Michel en 1995, l’administration Chirac franchit un nouveau pas vers le tout sécuritaire. Avec le plan «  vichypirate  », les militaires sont désormais dans la rue. Alors que les socialistes reviennent au pouvoir en 1998, Chevènement met en place les CLS (contrats locaux de sécurité) qui autorisent, par exemple, l’entrée des forces de l’ordre dans l’enceinte des Universités (dont la BAC...).

La lepénisation des idées

En 2001, les attentats du World Trade Center sont un nouveau prétexte pour renforcer l’arsenal législatif répressif (LSQ – Loi Sécurité Quotidienne). L’année suivante (2002), nouveau virage à droite toute avec Le Pen père au deuxième tour des présidentielles. Cet «  accident  » légitime une politique sécuritaire toujours plus renforcée avec Sarkozy comme nouveau ministre de l’intérieur et le passage de la Loi sur la Sécurité Intérieure (LSI). Les idées les plus nauséabondes se répandent grâce aux médias, la droite est enfin décomplexée et la police est soutenue dans ses exactions. Sarkozy viendra même à Toulouse en 2003 afin de sermonner la police de proximité car il n’y a pas assez d’arrestations, les policiers et policières ne sont pas payé-es pour faire du social.

En 2005, suite à la mort de Zied et Bouna (les deux jeunes tués dans un transformateur électrique alors qu’ils étaient poursuivis par la BAC) trois semaines d’émeutes dans les quartiers populaires décident l’Etat à passer une mesure d’état de siège qui ne suscite que peu de réaction de la part du «  peuple de gauche  ».

À partir de 2002, le tournant sécuritaire s’accentue sous l’ère Sarkozy, toute tentative de mouvement social sera réprimée  ; le CPE, le mouvement contre la réforme des retraites...L’emploi systématique des flash balls et de tout un arsenal toujours plus élaboré provoque des blessures graves, des mutilations...Les lois racistes et liberticides sont promulguées, la chasse aux sans papiers, aux chômeurs, aux pauvres est renforcée...

Le changement c’est maintenant  !

La sécurité des riches étant au plus haut niveau, le libéralisme peut désormais être exercé par les puissants sans qu’ils soient inquiétés outre mesure.

Le délabrement de la classe ouvrière, la paupérisation des classes moyennes, la peur du chômage sur fond de crise économique et le manque de combativité des syndicats a permis une casse sociale sans précédent accompagnée d’une répression policière et judiciaire.

En 2012, les socialistes reviennent au pouvoir. Non rien ne change... Hollande et son gouvernement main dans la main avec le Medef poursuivent la politique de Sarkozy et s’illustrent rapidement avec la répression de divers mouvements « alternatifs » à Notre-Dame-des-Landes et, bien sûr, à Sivens où meurt Rémi Fraisse dans la nuit du 25 octobre dernier. Depuis, plusieurs manifestations à Toulouse et Nantes ont été interdites et des dizaines d’individus bravant cet interdit, condamné-e-s à des peines de prison ferme.

Agnès (AL Toulouse)


TOUJOURS PLUS DE RÉPRESSION

Les lois :

Lois Pasqua-Debré-Joxe-Sarkozy  : expulsions massives des sans papiers.

Lois Perben I et II  : criminalisation des mineurs, garde à vue prolongée, écoutes autorisées

2003  : Prélèvement ADN étendu à tous les délits.

Lois Lopsi I et II  : chasse aux habitations illicites (tentes, voitures...) On peut aussi rajouter la loi contre le voile, les lois contre la prostitution...

Les armes :

Si la dernière mode est aux armes «  non-létales  », il n’en reste pas moins qu’une simple matraque a suffi pour tuer Malik en 1986. Les syndicats de flics ne cessent de réclamer toujours plus d’armements car, ils seraient sous-équipés (les pauvres)  : pistolet semi automatique, tonfa, matraque télescopique, pistolet mitrailleur, fusil à pompe, flash-ball, taser, grenade de désencerclement, gaz lacrymogène, casque, bouclier anti émeute...

Quelques chiffres sous Hollande

En 2012, on comptait 18 décès par an impliquant la police ainsi que 218 plaintes contre la police et 36 822 expulsions de sans-papiers .

Actuellement 68 000 détenu-es (les prisons n’ont jamais été aussi pleines !)

Aujourd’hui une personne meurt tous les 20 jours assassinée par la police. La peine de mort a soi-disant été abolie mais le flic a un permis de tuer.

 
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