journal de bord

Combattant volontaire au Rojava #06 : « En ce qui concerne l’aspect mental, la plupart tiennent bien le coup »




« Cela fait maintenant plusieurs fois que nous faisons des marches de nuit, et que l’un de nos instructeurs simule des attaques. Nous ne sommes que deux à avoir eu une formation militaire au préalable, et la mienne, bien qu’assez minime, s’avère très utile. »


Nous répercutons ci-dessous le journal de bord, publié sur Facebook, d’un militant révolutionnaire francophone au sein des YPG. Il partage ses analyses, ses critiques, et relate les temps forts de son parcours. Un indispensable témoignage humain et politique.

Les intertitres et notes de bas de page sont de l’équipe web d’AL.

Lire les autres épisodes ici.


Académie militaire des YPG pour volontaires étrangers, le 15 janvier 2017

Les jours s’enchaînent plus vite qu’on ne pourrait s’y attendre, et l’on finit par réaliser que d’ici 15 jours nous aurons fini la formation et serons, si tel est notre souhait, envoyés sur le front. J’écris ce texte à la hâte avant que la connexion ne soit coupée.

Chaque jour qui passe, l’écart se creuse entre ceux qui tiennent sportivement le coup, et les autres. Ces derniers ne seront de toute évidence pas envoyés dans une zone trop « chaude », en tout cas pas dans l’immédiat. Sur la dizaine que nous sommes à présent, nous ne sommes plus que 3 ou 4 à parvenir à suivre le rythme de préparation physique.

En ce qui concerne l’aspect mental, la plupart tiennent bien le coup, même si des tensions inévitables éclatent.

Acquérir une préparation militaire

Cela fait maintenant plusieurs fois que nous faisons des marches de nuit, et que l’un de nos instructeurs simule des attaques. Nous ne sommes que deux à avoir eu une formation militaire au préalable, et la mienne, bien qu’assez minime, s’avère très utile. Deux autres compagnons ont eu une expérience de guerre.

On s’aperçoit clairement de la différence entre nous quatre et les autres. Je ne peux qu’encourager les camarades désireux de venir, et même ceux qui ne le sont pas, à acquérir eux aussi une préparation militaire. Ne laissons pas ce monopole aux fascistes. Armons nous.

La nuit on entend régulièrement voler des drones. Pour une fois, on espère qu’ils soient américains, car si ce n’est pas le cas, c’est qu’ils sont sans doute turcs, et donc, plus dangereux pour nous.

Les cours très orientés politiquement font le bonheur des militants présents mais agacent parfois les autres. Les révolutionnaires étrangers ne sont pas la majorité des volontaires. Alors venez donc grossir notre nombre.

Et bien qu’étant là depuis peu, je peux assurer aux camarades qu’ici, on vit le communisme.

 
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