Congrès du NPA : Le jeu des sept tendances

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Malgré le succès d’estime de Philippe Poutou à la présidentielle, la crise du Nouveau Parti anticapitaliste se poursuit et s’aggrave. Lors de son IVe congrès, pas moins de sept tendances se sont exprimées, et aucune n’a recueilli de majorité absolue.

Près de 200 délégué.es représentant environ 1 300 adhérentes et adhérents se sont réuni.es pour le IVe congrès du NPA, les 2,3 et 4 février, à la bourse du travail de Saint-Denis (93). Alternative libertaire et quelques autres organisations étaient invitées à assister à une partie des débats. Il s’agissait de tirer des bilans , mobilisations contre les lois Travail, élection présidentielle, politique internationale, mais aussi de faire des choix de construction  : quelle direction pour le NPA  ? Quelles modalités d’action dans les luttes  ?

Cela fait déjà six ans que dure la crise du NPA, initié en 2012 lorsqu’une large partie de la direction historique de la LCR a rejoint le Front de gauche (et, aujourd’hui, la France insoumise). Ce départ collectif aurait pu homogénéiser le parti. Il n’en a rien été puisque le NPA était, lors de ce congrès, divisé en… sept tendances. Pas toujours facile d’en comprendre les tenants et les aboutissants, d’autant que chaque tendance semble davantage soucieuse de marquer son territoire que de chercher des convergences sur le fond. Aucune n’a récolté la majorité des suffrages, pas même la direction actuelle qui, pourtant, coalisait déjà des sensibilités différentes. Aucune motion d’orientation générale, même minimale, n’a pu être adoptée.

Ce qui a fait l’unanimité : la campagne présidentielle de Philippe Poutou en 2017 (malgré quelques critiques sur le contrôle du porte-parolat) et l’importance de la libération de la parole autour de #MeToo et la nécessité de construire un mouvement de femmes sur ces bases. Ce qui a exacerbé les désaccords  : l’analyse des raisons et de l’ampleur des reculs sociaux ces deux dernières années.

Pommes de discorde

Le soutien critique du NPA aux débuts du gouvernement Syriza en Grèce a été vertement attaqué. L’attitude à avoir vis-à-vis du Front de gauche jadis, de la France insoumise aujourd’hui, a également été très discuté. La question de la participation du NPA au collectif Front social a révélé une contradiction  : si les AG de préparation du congrès ont majoritairement voté pour, les délégué.es en séance ont finalement voté contre.

La tendance majoritaire n’a obtenu qu’une majorité relative, avec 48 % des voix. Mais comme les six tendances minoritaires ont refusé de se coaliser pour former une direction alternative, malgré des discours parfois proches, la majorité précédente continuera à diriger le parti, en construisant des compromis au cas par cas avec les uns et les autres.

Dans ce contexte, Alternative libertaire a transmis une «  adresse aux congressistes  » exposant quelques analyses  : sur le syndicalisme, sur le féminisme, et sur les mouvements de jeunesse. Nos camarades du NPA, aux côtés desquel.les nous nous retrou­vons dans les luttes, y auront reconnu notre attachement à la construction d’organisations syndicales de lutte et de mouvement sociaux larges et autogestionnaires.

Adèle (AL Montreuil)

 
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