politique

Contre la répression, concert de soutien à Paris, le 18 juin

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Concert de soutien aux arrêté.es et inculpé.es du mouvement social contre la loi travail et son monde. Tous les fonds seront reversés à la caisse de défense collective. Concerts de soutien simultanés dans le monde (Athènes, Le Caire, etc.)

Trois mois. Près de trois mois déjà que le projet de « Loi Travail » et le gouvernement socialiste ont vu émerger face à eux un mouvement sans précédent sous la France de l’Etat d’urgence. Nouvelle étape dans la précarisation avancée du travail, le projet vise à supprimer les accords de branche : comprendre, chaque entreprise négociera directement ses conditions de travail, chaque personne se retrouvera seule face à ses patrons, isolée dans un perpétuel chantage à l’emploi, contrainte d’accepter de travailler 12h/jour, de voir la rémunération de ses heures supplémentaires réduire, des diminutions de salaire et des indemnités de licenciement,...

Dans un contexte d’austérité économique, d’horreur sécuritaire et de rejet de la classe politique par une partie de plus en plus large de la population, la réponse de la rue ne s’est pas faite attendre. Jusqu’à contraindre deux mois plus tard un gouvernement aux abois à passer en force et sans débat la loi à l’aide de l’article 49.3.


Samedi 18 juin
18 heures
au 33, rue des Vignoles, Paris 20e

avec
  • Wadie, Christine & Osama (musique contemporaine et traditionnelle du Moyen-Orient)
  • Dgiz & Medi (rappeur, slameur, comédien, improvisateur et contrebassiste)
  • L’Inconsolable (rappeur, traceur, chômeur décomplexé)
  • Chatobaron (funk 70’s)
  • Bad Reputation (rock)

Car, dès le 9 mars, les journées d’actions s’enchaînent, bravant à leur façon l’État d’urgence en réinstallant l’urgence sociale en tête de cortège : manifestations lycéennes le matin, manifestations syndicales l’après-midi, blocages de gares, de ports de marchandises, manifestations sauvages nocturnes...

Mais l’État d’urgence s’accommode mal des revendications sociales. Chaque semaine de lutte a eu son contingent d’arrestations, d’incarcérations, de mutilations. L’arsenal militaro-policier a renvoyé aux oubliettes les vieux principes du maintien de l’ordre au profit d’une guerre de basse intensité : Peines de prison ferme pour jeunes sans casier ; gardes à vue à la Sûreté Territoriale de lycéen-ne-s mineur-e-s après des incendies de poubelle ; inculpations pour tentative d’homicide pour une simple rixe avec un gradé ou une bagnole de flics brûlée, à Nantes et à Paris. Cranes ouverts, os brisés, oreilles défoncées, yeux crevés, genoux pétés, commotions ou vraies fractures… Les manifestations se sont peu à peu transformées en scènes de guerre. Mais la mobilisation n’a pas décru. Toujours plus déterminée contre cette loi et son monde, elle a fait tomber les derniers masques pseudo-démocratiques derrière l’arsenal policier déployé. Seule stratégie du gouvernement en guise de négociation : la répression, massive, générale, totale. On met en garde à vue pour avoir fait un blocage de lycée, on force les portes de locaux syndicaux remuants, on condamne à la pelle des contestataires sans autre faits avérés que des PV policiers mensongers, pour avoir porté un blouson ou un K-Way noirs dans une manif’ un peu agitée.

Isoler et instaurer la peur. Blesser et terroriser. Peur d’une grenade explosive, de se faire mutiler, tabasser et, toujours plus présente à mesure que le gouvernement fulmine contre celles et ceux qui malgré tout ne rentrent pas dans le rang, la peur de se faire arrêter, juger, incarcérer pour s’être protégé, avoir dans son sac un masque, un parapluie ou du sérum phy…

Notre réponse à cette répression, qui brise les vies de quiconque exprime son mécontentement, ne peut qu’être politique. La solidarité sans faille est notre seul moyen. Car, à la répression générale, le mouvement a répondu par une ascension continue des techniques d’auto-organisation : autoprotection (dans les cortèges de tête sans étiquette et toujours plus massifs), autosecours (équipes medics formées allant au devant des blessé-e-s,), autodéfense juridique (avec l’ascension des Caisses de défense collective) qui, comme à Paris avec la DefCol, permet à qui le souhaite d’être défendu-e par des avocat-e-s sur une ligne de défense politique et solidaire. Mais, les procès pleuvant, les caisses sont vides. Pour que l’auto-organisation se poursuive, afin de défendre et relever celles et ceux qui tombent, il y a urgence à ce que tous les collectifs mobilisés, en France comme à l’étranger, mettent en place des collectes, des initiatives de soutien à toutes les victimes de la répression policière.

C’est pourquoi nous appelons à un concert de soutien le 18 Juin 2016, dont tous les fonds seront reversés à la Caisse de défense collective parisienne, pour supporter les frais de justice des camarades poursuivi-e-s.

La solidarité est notre arme, la liberté notre crime !

Anti-répression partout ! Concert général !

 
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