Dico antiraciste : « Le colonialisme »

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Le colonialisme a connu plusieurs formes historiques. Sous sa forme moderne, de la fin du 15e au milieu du 20e siècle, il représente une politique complexe reposant sur la combinaison structurelle de trois facteurs spécifiques et interdépendants. Un assujettissement économique du territoire colonisé à une métropole colonisatrice dans une dynamique impérialiste plus global. Une hiérarchisation juridique bénéficiant à des citoyens colonisateurs ou colons, au détriment des sujets colonisés ainsi dépossédés de la plupart des droits civiques équivalents. Et une justification idéologique de cette hiérarchisation juridique comme de cette domination économique, reposant sur le discours raciste. Le colonialisme n’a pas connu son terme historique avec la décolonisation survenue après la seconde Guerre mondiale et affectant les trois derniers empires coloniaux européens : la France, l’Angleterre et la Belgique. En effet, le sionisme est une forme particulière et toujours actuelle de colonialisme qui explique pourquoi les « Arabes israéliens » (les Palestiniens intégrés à Israël lors de son édification en 1948) sont juridiquement cantonnés à une sous-citoyenneté. On parle aussi de néocolonialisme. Ce néologisme sert à décrire des opérations économiques sur le plan international qui entretiendraient des homologies (et non des identités) structurales avec le colonialisme traditionnel. Comme on le voit aujourd’hui avec l’Irak occupé par les États-Unis, le néocolonialisme est le contrôle indirect d’autres pays. A la place d’une domination directement politique, les puissances néocolonialistes utilisent des politiques commerciales, économiques, et financières (voire militaires) afin d’assujettir matériellement des pays plus faibles et anciennement colonisés. Surtout, l’assujettissement ne s’accompagne plus, comme à l’époque du colonialisme classique, d’un processus de peuplement. La « Françafrique » décrite par François-Xavier Verschave et l’association Survie est une des formes archétypales du néocolonialisme actuel. Quant au post-colonialisme, concept initialement issu du champ des études littéraires (voir les travaux d’Edward W. Said), ce terme insiste sur les effets sociaux d’hystérésis (de continuité des effets bien après la disparition des causes) concernant d’anciens territoires et peuples colonisés (comme la France dite « d’ outre-mer »). Ces derniers, et leurs descendants, après un processus politique de décolonisation, sont toujours victimes, non plus juridiquement, mais socialement et économiquement, de certains types de relations sociales et de formes de rapports de domination héritées de la séquence historique coloniale précédente.

par la commission antiracisme

 
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