Discriminations homophobes : La haine organisée par le patriarcat

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Le 17 mai est célébrée la journée mondiale contre l’homophobie. Cette année, après le déferlement de haine homophobe librement exprimée dans les médias, les rues, sur internet et les réseaux sociaux et après la sortie du rapport annuel de SOS homophobie, cette journée avait une importance particulière.

La journée mondiale contre l’homophobie est l’occasion de rappeler qu’il y a encore de la haine et du mépris à profusion exprimée en direction des homos et lesbiennes. Le rapport 2012 de SOS homophobie, sorti le 14 mai, fait état de 27 % d’appels en plus qu’en 2011, avec un rythme d’appel trois fois supérieur à la normale à partir d’octobre, début du débat sur le mariage pour tous et toutes. Moins d’agressions signalées qu’en 2011 (mais une tous les trois jours), plus d’insultes et d’injures en particulier sur internet, beaucoup de problèmes en milieu scolaire. La haine à l’intérieur des familles, les mises à la rue de jeunes déclarant leur homosexualité, restent stables.

Combattre le patriarcat

Il y a aussi tout ce qui est sorti dans la rue et les médias à l’occasion des manifestations contre l’extension du mariage au couple homosexuel. Que ce soit les insultes, les slogans méprisants ou la simple affirmation à répétition qu’une famille, c’est fabriquée avec un mâle et une femelle, relayée sans fin par des medias plus économes de compte-rendus de manifs et de slogans sur d’autres thèmes.

Il faut réaffirmer notre attachement à l’égalité entre tous les humains, quel que soit le sexe de leurs amours  ; il faut combattre les cathos réacs et autres semi fachos en liberté dans nos rues  ; nous étions dans la rue au côté des associations LGBTI le 17 mai  ; il faut renvoyer la haine et le mépris au silence dont ils n’auraient pas dû sortir mais on ne les fera pas disparaître de cette façon.

La cause de l’homophobie c’est l’affirmation sociale permanente que l’hétérosexualité, c’est la norme et la normalité. Littérature, publicité, livres pour enfants (scolaires ou non), cinéma, débats politiques et intellectuels, presque toute la société affirme que la norme et le secret du bonheur, c’est de vivre en couple, et en couple hétérosexuel bien sûr, parce que c’est là que le patriarcat exploite le travail domestique des femmes. Pour ceux et celles qui ne seraient pas convaincues par les images idylliques présentées, il reste la violence pour les contraindre à faire l’impasse sur leurs désirs et à entrer dans le moule. Un peu de séduction, un peu de contrainte, et voilà un monde bien rangé où les femmes sont bien gardées.

Parce que la liberté de chacun et chacune nous importe, et parce que l’exploitation des femmes doit disparaître, luttons pour le droit à toutes les formes de vie amoureuse, à deux ou plus, avec les combinaisons de sexes qui plaisent aux personnes concernées. Luttons pour la disparition de la norme «  couple hétéro  » et contre le mariage, lieu du contrôle de l’Etat sur nos amours et de l’exploitation patriarcale.

Christine (AL Orne)

 
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