Documentaire : Axel Salvatori-Sinz, « Les Chebabs de Yarmouk »

Version imprimable de cet article Version imprimable


Ce documentaire est une plongée dans le quotidien d’un groupe de jeunes adultes d’un camp de réfugiés palestiniens en Syrie, le camp de Yarmouk. Tourné entre 2009 et 2011, soit avant la révolution syrienne et le début de la guerre civile qui meurtrit encore chaque jour le pays, il présente la face cachée et souvent oubliée du destin du peuple palestinien depuis 1948 : celle des exilé-e-s, chassé-e-s de leurs maisons et de leurs terres par les colonisateurs israéliens avec la bénédiction des puissances occidentales. Une injustice dont le souvenir reste prégnant chez ces jeunes Palestiniens.

Le film suit un groupe ­d’amis confrontés à certains choix de vie, à la nécessité de se bâtir un avenir dans un espace qui ne leur en offre aucun. Pourtant, on aperçoit dans leur quotidien des moments de joie simple : soirées de chansons, thés pris entre amis sur une terrasse... Mais cette terrasse n’offre qu’une vue sur un bidonville fait de bâtiments délabrés surmontés d’une multitude d’antennes paraboliques. Dans cet environnement, le départ est la solution la plus naturelle, presque la seule qu’ils puissent envisager, et que réalise au moment du tournage l’un des protagonistes, parti étudier le cinéma au Chili, tandis qu’un autre rêve d’obtenir, via une connaissance, un visa pour s’expatrier en Pologne.

Tourné clandestinement, le film ne donne guère à voir l’espace du camp, pour se concentrer sur les sphères privées où se succèdent des morceaux de vie saisis avec sensibilité par la caméra.

Le film prend un relief particulier par son épilogue, indiquant le destin des protagonistes du film après l’éclatement de la guerre civile. Un destin d’exil ou de mort : le camp est à présent largement détruit et sa population est passée de 250 000 à 18 000 habitants.

Vincent (AL Paris-Sud)

Axel Salvatori-Sinz, Les Chebabs de Yarmouk, France, 2013, 1 h 18, en salles.

 
☰ Accès rapide
Retour en haut