Dossier Black Revolution : La « black revolution » et ses apports

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« Nos grands frères, c’était Luther King. Nous, c’est Malcolm X. Nos petits frères, ce sera les Black Panthers ». Ces propos sont ceux d’un jeune de quartier populaire de Roubaix [1]. La référence n’est sûrement pas prise au hasard  : les mouvements d’émancipation noirs américains ont marqué des générations et marquent encore l’imaginaire de nombreux habitants et habitantes des quartiers populaires et des ghettos du monde entier.

Les références politiques du mouvement ont été reprises par nombre de luttes antiracistes qui ont suivi les années 1960-1970, comme celle contre l’apartheid en Afrique du Sud. En France, les marches pour l’égalité ont aussi fait référence à la marche sur Washington. Les initiateurs des marches se référaient à Luther King, d’où les propos de ce jeune parlant de « nos grands frères ».

Ces mouvements sont riches d’enseignements. Daniel Guérin, inspirateur d’Alternative Libertaire et militant anticolonialiste, ne s’y est pas trompé. Il a publié en 1975 De l’Oncle Tom aux Panthères noires, pour tirer les enseignements de ce formidable mouvement d’émancipation. Près d’un demi-siècle plus tard, ses enseignements ne sont pas périmés. Au contraire, en France, ils sont tout à fait actuels, et les débats de l’époque se reposent aujourd’hui en Europe, notamment en raison de la présence et de l’enracinement de populations issues de l’immigration postcoloniale et d’outre-mer.

Quels ont été les apports du mouvement d’émancipation noir  ? Quels en ont été les échecs  ? Quelles organisations et courants d’idées ont émergé ? Quels sont les débats, les idées, et les stratégies mis en oeuvre à l‘époque pour remettre en cause la domination blanche  ? De la campagne de boycott de Montgomery aux Black Panthers, de la pensée anticolonialiste de Malcolm X en passant par le black feminism et l’intersectionalité, des courants bourgeois au mouvement ouvrier, que nous enseigne le mouvement noir américain  ? C’est pour tenter d’apporter des éléments de réponde à ces questions qu’AL consacre son dossier d’été 2013 à un retour sur la «  black revolution  ».

Nicolas Pasadena (AL Montreuil)


Sommaire du dossier :
- Aux racines du racisme : De l’esclavage au ghetto
- Mouvement ouvrier : Noirs ou Blancs, toujours prolétaires
- Malcolm X : une vie en noir et blanc
- Malcolm X : construire un pouvoir noir
- Les Black Panthers au-delà du mythe
- Le Black Feminism : à la croisée des oppressions
- DRUM : Les Noirs en lutte sur le lieu de travail
- Mouvements noirs réformistes : Les écueils des stratégies bourgeoises
- Harana Paré (historien) : « C’est la révolte qui a fait exister les Noirs d’Amérique »
- Une Black Revolution reste à faire


[1Saïd Bouamama, Les classes et quartiers populaires, paupérisation, ethnicisation et discrimination, Éditions du cygne, 2009.

 
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