Dossier Kurdistan : Lexique et infographie : la galaxie kurde

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Un lexique et un organigramme pour visualiser le mouvement kurde dans ses lignes de force.

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Dans le mouvement kurde, foisonnant de partis et d’associations, deux pôles antinomiques : à droite, le Parti démocratique du Kurdistan (PDF), dirigé par Massoud Barzani ; à gauche, le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) d’Abdullah Öcalan.

Si le PDK domine en Irak, où il dirige le Gouvernement régional du Kurdistan, dans l’orbite d’Ankara et de Washington, le PKK est le centre de gravité de la gauche kurde en Turquie, Syrie et Iran.

Dans chaque cas, le modèle est le schéma est le suivant : le parti, une organisation de femmes, une organisation de jeunesse, des unités de combattants (mixtes), des unités de combattantes. L’ensemble est relié par l’Union des communautés du Kurdistan (KCK).

En Turquie, le PKK influence deux partis légaux : le DBP (au Kurdistan) et le HDP (hors du Kurdistan), qui est une coalition de diverses forces de gauche, révolutionnaires, féministes, écologistes et LGBTI.


LEXIQUE

AKP : Adalet ve Kalkınma Partisi, Parti de la justice et du développement, islamo-conservateur, au pouvoir en Turquie depuis 2002. Recep Tayyip Erdoğan en est le président général depuis le 21 mai 2017, désigné lors d’un congrès extraordinaire à Ankara. Il succède au Premier ministre Binali Yıldırım.

Asayîş : Le terme asayîş sécurité », en kurde) désigne les forces de police, qu’elles relèvent des cantons du Rojava ou du Gouvernement régional du Kurdistan.

ASL : Armée syrienne libre. Issue de la mutinerie de plusieurs unités de l’armée syrienne, agrégeant des révolutionnaires armées, l’ASL a annoncé sa constitution le 29 juillet 2011, sous le parrainage de la Turquie. Aucun commandement unifié ne s’est cependant imposé à la tête de l’ASL. Regroupement hétéroclite, elle a, dès 2012, commencé à être concurrencée, surclassée et phagocytée par l’islamisme armé bénéficiant de financements des pays du Golfe. À partir de 2014, elle ne domine plus que dans l’extrême sud du pays. Certaines unités laïques de l’ASL se sont néanmoins alliées aux YPG-YPJ pour former les Forces démocratiques syriennes en octobre 2015.

Bakur : Kurdistan septentrional, en Turquie. Environ 15 millions de Kurdes y vivraient, soit 20 % de la population du pays.

Bashûr : Kurdistan méridional, en Irak. Environ 5 millions de Kurdes y vivraient, soit 22 % de la population du pays.

BÖG : Birleşik Özgürlük Güçleri, Forces unies de libération, unité combattante fondée en décembre 2014 au sein de l’IFB, et associant des militantes et militants communistes et anarchistes turcs.

CDKF : Conseil démocratique kurde en France, regroupant la galaxie des associations de la gauche kurde.

CNK : Conseil national kurde, regroupe divers partis kurdes syriens dans l’orbite du PDK de Massoud Barzani, qui reprochent au PYD de n’être pas entré en conflit ouvert avec Bachar el Assad.

DAF : Devrimci Anarşist Faaliyet, Action anarchiste révolutionnaire, organisation de Turquie très engagée dans le soutien à la gauche kurde, en particulier durant la bataille de Kobanê.

DBP : Demokratik Bölgeler Partisi, Parti démocratique des régions, parti prokurde légal en Turquie qui tient une centaine de municipalités au Kurdistan de Turquie ; fonctionne en lien avec le HDP.

Dehap : Demokratik Halk Partisi, Parti démocratique du peuple, parti prokurde légal de Turquie fondé en 1997, rebaptisé DTP en 2005, remplacé par le BDP en 2009, puis par le DBP en 2014.

DSA : Democratic Self-Administration, Auto-administration démocratique, chaque canton du Rojava est dotée de la sienne propre, élue en janvier 2014.

FDS : Forces démocratiques syriennes, coalition militaire formée en octobre 2015 par les YPG-YPJ, plusieurs unités laïques de l’ASL et le Conseil militaire syriaque. Composée à plus d’un tiers de miliciens arabes, cette coalition, appuyée par l’aviation états-unienne, a lancé, en novembre 2016, la campagne Colère de l’Euphrate qui s’est achevée, en octobre 2017, par la prise de Raqqa, capitale syrienne de Daech.

GRK : Gouvernement régional du Kurdistan, institué par la Constitution irakienne de 2005, dominé par le PDK de Massoud Barzani.

HBDH : Halkların Birleşik Devrim Hareketi, Mouvement révolutionnaire uni du peuple, coalition d’organisations révolutionnaires fondée en mai 2016 et regroupant notamment le PKK et des partis maoïstes turcs tels que le TKP-ML, le MLKP, le TIKB et le DKP.

HDP : Halkların Demokratik Partisi, Parti de la démocratie des peuples, parti prokurde de Turquie qui a pris la suite du BDP. A l’élection présidentielle de 2014, son candidat, Selahattin Demirtaş, a obtenu 9,77 % des suffrages. Depuis l’été 2015, le HDP a subi une persécution croissante de la part du pouvoir.

HPC : Hêzên Parastina Cewherî, Force de défense de base, unités d’autodéfense formées dans les villages du Rojava pour assurer la sécurité des événements publics.

HPG : Hêzên Parastina Gel, Forces de défense du peuple, unités combattantes du PKK dans les montagnes de Turquie et d’Irak. Leur longue expérience de la lutte armée les a conduit à former les cadres des YPG-YPJ, puis des YBŞ-YJŞ. Leur déclinaison féminine non-mixte sont les YJA-Star.

HPJ : Hêzên Parastina Jinê, Forces de défense des femmes, groupes de guérilla féminins non-mixtes du PJAK sur le territoire iranien.

IFB : International Freedom Battalion, Bataillon inter­national de libération, unité des FDS composée de volontaires internationaux d’extrême gauche soutenant la révolution au Rojava et luttant contre Daech.

IRPGF : International Revolutionary People’s Guerilla Forces, Forces de guérilla internationales révolutionnaires et populaires, unité anarchiste formée en mars 2017 au sein de l’IFB.

KCK : Koma Civakên Kurdistan, Union des commu­nautés du Kurdistan, qui fédère le PKK et ses organisations-sœurs dans les quatre régions du Kurdistan depuis 2007.

KJB : Koma Jinen Bilind, Haut-conseil des femmes, structure confédérale intégrée au KCK et regroupant les organisations de femmes kurdes, civiles ou combattantes, dans les quatre régions du Kurdistan et dans la diaspora.

Kongra Gêl : Kongra Gelê Kurdistanê, Congrès du peuple du Kurdistan, depuis 2007 est une sorte de parlement du KCK.

PAJK : Partiya Azadiya Jin a Kurdistan, Parti de la femme libre du Kurdistan, parti féminin du PKK, fondé en 2004.

PÇDK : Partiya Çareseriya ya Kurdistanê, Parti pour une solution démocratique du Kurdistan, organisation-sœur du PKK en Irak, fondée en avril 2002. Persécuté par le Gouvernement régional du Kurdistan.

PDK : Parti démocratique du Kurdistan, influent dans le nord du Kurdistan irakien, dirigé par Massoud Barzani, président du Gouvernement régional du Kurdistan. Qualifié de « libéral-féodal » par le PKK.

Peshmergas : du kurde pêşmerge, signifie « ceux qui vont au-devant de la mort ». Forces armées du Gouvernement régional du Kurdistan, liées au PDK au nord, et à l’UPK au sud.

PJAK : Partiya Jiyana Azad a Kurdistanê, Parti pour une vie libre au Kurdistan, organisation-sœur du PKK en Iran, fondée en avril 2004. Considéré comme terroriste par l’Iran, la Turquie et les États-Unis, ses groupes armés sont les YRK et les HPJ.

PKK : Partiya Karkerên Kurdistan, Parti des travailleurs du Kurdistan, fondé en 1978 en Turquie et dirigé jusqu’en 1999 par Abdullah Öcalan. C’est le centre névralgique de toute la gauche kurde. Il a ses bases dans les monts Qandil, au Kurdistan d’Irak. Considéré comme terroriste par la Turquie, les États-Unis, l’Otan, l’Union européenne, le Japon, et une foule d’autres États. Ses groupes armés sont les HPG et les YJA-Star.

PYD : Partiya Yekîtiya Demokrat, Parti de l’union démocratique, organisation-sœur du PKK en Syrie, fondée en septembre 2003. Joue un rôle essentiel dans le processus révolutionnaire au Rojava. Ses groupes armés sont les YPG et les YPJ.

Rojava : Kurdistan occidental, en Syrie. Environ 2 millions de Kurdes y vivraient, soit 9 % de la population du pays.

Rojhelat : Kurdistan oriental, en Iran. De 6 à 7 millions de Kurdes y vivraient, soit 8 % à 10 % de la population du pays.

Tev-Dem : Tevgera Civaka Demokratîk, Mouvement pour une société démocratique, structure fédérant les organisations de base (comités locaux, communes) au Rojava depuis 2011.

UPK : Union patriotique du Kurdistan, parti politique influent dans le sud du Kurdistan irakien, un peu plus à gauche que le PDK. Une partie est proche des gouvernements de Bagdad et de Téhéran ; une autre peut s’entendre, à l’occasion, avec le PKK.

YBŞ : Yekîneyên Berxwedana Şengalê, Unités de résistance de Sinjar, milice yézidie formée dans le nord de l’Irak en 2014 avec l’aide du PKK. Leur déclinaison féminine non-mixte sont les YJŞ.

YDG-H : Yurtsever Devrimci Gençlik Hareket, Mouvement de la jeunesse patriotique et révolutionnaire, organisation de jeunesse urbaine du PKK, qui a joué un rôle moteur dans la tentative d’Intifada au Kurdistan turc à l’été 2015.

YJA-Star : Yekîneyên Jinên Azad ên Star, Unités de femmes libres, unités combattantes non-mixtes du PKK dans les montagnes de Turquie et d’Irak.

YJŞ : Yekîneyên Parastina Jin ê Şengalê, Unité de protection des femmes de Sinjar, milice yézidie non-mixte formée dans le nord de l’Irak en 2014 avec l’aide du PKK.

YPG : Yekîneyên Parastina Gel, Unités de protection du peuple, milices du PYD syrien formées dès 2004, mais qui ont pris une extension importante dès le début de la révolution syrienne de 2011.

YPJ : Yekîneyên Parastina Jin, Unités de protection des femmes, milices du PYD non-mixtes formées en 2013.

YPS : Yekîneyên Parastina Sivîl‎, Unités de défense civile, embryon de milice initié en décembre 2015 en Turquie sur le modèle des YPG syriens, par des jeunes issus des YDG-H.

YPS-jin : Yekîneyên Parastina Sivîl a Jin, Unités de défense civile-femmes, est la déclinaison non-mixte des YPS.

YRK : Yekîneyên Parastina Rojhilatê Kurdistan, Unités de défense du Kurdistan oriental, groupes de guérilla du PJAK sur le territoire iranien. Leur déclinaison féminine non-mixte sont les HPJ

 
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