Dossier autogestion : chronologie

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mars-mai 1871 Commune de Paris.

1905 Soviets en Russie.

Février 1917 Révolution russe. Chute du tsarisme. Constitution de comités d’usine. Développement des soviets (conseils), regroupant ouvrier(e)s et soldats, qui se chargent de l’approvisionnement et de la sécurité par le biais des comités de quartiers. Instauration d’un double pouvoir (soviets face au gouvernement provisoire). À partir d’octobre, les bolcheviks prennent le contrôle des soviets et des comités d’usine et mettent fin à l’existence de ces institutions populaires.

1917-1921 Développement des « communes libres » dans le Sud de l’Ukraine. Paysans et ouvriers créent ainsi des organes d’autogouvernement économique et social libres de tout contrôle du pouvoir bolchevik.

1918-1920 Mouvement des délégués d’atelier britanniques.

1919 République des conseils en Bavière, en Hongrie. Mouvement des conseils d’usine en Italie (1919-1920), les ouvrier(e)s prennent le contrôle des usines et les remettent en marche.

Février-mars 1921 Insurrection de la commune de Cronstadt qui réclame une troisième révolution, en revendiquant tout le pouvoir aux soviets, pouvoir accaparé par le parti-État bolchevik.

1936 Grève et occupations d’usines en France.

1936-1938 Espagne : paysans et ouvriers réquisitionnent les biens des propriétaires sous l’impulsion de la Confédération nationale du travail (CNT). Les paysans ont le choix entre propriété individuelle et propriété collective sous contrôle syndical. L’assemblée générale des travailleurs-paysans élit un comité de gestion dont tous les membres travaillent à l’exception du secrétaire. Les communes sont administrées par les assemblées générales de quartier. Les entreprises socialisées sont dirigées par des comités de gestion révocables par l’assemblée générale des travailleur(se)s, mais le salariat y subsiste. Une caisse centrale d’égalisation est créée pour redistribuer les ressources entre régions riches et régions pauvres. Les syndicats réorganisent plusieurs professions et tentent une planification de l’économie mais doivent faire face à l’opposition des réformistes et des staliniens. Quand elle n’est pas entravée par ses adversaires ou par la guerre, l’autogestion agricole est une véritable réussite. Deux millions de paysan(ne)s et d’ouvrier(e)s sont touché(e)s par ces expériences en Catalogne, en Aragon et dans une moindre mesure dans le Levant et en Castille.

1945-1953 Récupération d’usines abandonnées par les patrons lors de la chute du régime nazi dans l’Est de l’Allemagne (printemps 1945). Création de conseils d’entreprises (Betriebsrat). Les staliniens s’efforcent d’en prendre le contrôle. Expériences similaires en Pologne et plus particulièrement en Silésie.

1945-1964 Expériences ouvrières de prise de contrôle de la production en Indonésie.

Mai-novembre 1948 Dissolution des conseils d’entreprises par les staliniens en Allemagne orientale.

1953 Révolution en Bolivie et mouvement en faveur du contrôle ouvrier des entreprises sous l’impulsion du syndicat des mineurs principalement.

Septembre-octobre 1956 Soulèvement étudiant et ouvrier en Pologne (Poznan, Varsovie...). Formation de conseils ouvriers... par le haut.

Octobre-novembre 1956 Conseils ouvriers en Hongrie qui revendiquent la propriété et la gestion des entreprises pour et par les ouvriers et non pour le parti-État communiste. Le pays est couvert de centaines de conseils ouvriers. Khrouchtchev fait écraser l’insurrection par l’Armée rouge. À Budapest dans les entreprises, les conseils ouvriers et les grèves se poursuivent pendant deux ans.

1962-1965 Algérie : autogestion dans les campagnes algériennes sous l’impulsion des journaliers agricoles prenant possession des terres abandonnées par les colons ou en expropriant ceux-ci à partir de juillet-août 1962. Création de comités de gestion qui remettent en marche les entreprises industrielles abandonnées par les colons. Cette expérience est de plus en plus encadrée par le pouvoir FLN. En 1963, Ben Bella soumet l’occupation des biens vacants à l’autorisation du nouveau pouvoir nationaliste. L’autogestion algérienne est tuée dans l’œuf par l’appareil d’État.

Mai-juin 1968 France : À Nantes, à partir du 23 mai, des équipes ouvriers-paysans se créent pour aider les paysans à cultiver et récolter les pommes de terre. Organisation des transports sous contrôle ouvrier. Les prix sont équivalents aux prix de revient. Les gros commerçants sont obligés de fermer. Des comités de quartiers organisent l’essentiel du ravitaillement. Le 27 mai, le comité central de grève qui réunit ouvriers et paysans, s’installe à la mairie de Nantes. Il prend en charge la distribution de l’essence par bons avec l’accord du comité de grève des pétroliers.

Printemps-Été 1968 Apparition de conseils ouvriers dans les usines en Tchécoslovaquie.

1971 Expérience autogestionnaire dans les chantiers navals de Clyde en Écosse.

1973 Les 1 000 salarié(e)s de Lip, entreprise d’horlogerie et de mécanique, s’opposent à la liquidation de leur entreprise et en prennent le contrôle. Ils/elles popularisent la lutte en prenant possession de leur outil de travail et en produisant pour leur propre compte (« On produit, on vend, on se paye »).

1979 Grève aux chantiers navals de Gdansk en Pologne, développement des grèves avec occupation en Pologne. Création du syndicat Solidarnosc (Solidarité) qui se réclame de l’autogestion, et de Solidarité rurale dans la paysannerie.

28 janvier 1981 La direction provisoire de Solidarnosc à Lodz (Pologne) déclare « qu’un système de gestion centralisé bureaucratiquement est incompatible avec les conditions nécessaires à l’autogestion ouvrière ». Pour y parvenir elle prône la grève active avec occupation.

Août-octobre 1981 Solidarnosc prend en charge le contrôle du ravitaillement dans la région de Lodz. Enfin, la direction nationale de Solidarité s’oppose majoritairement au développement de la démocratie directe. Elle s’appuie sur des comités d’experts (intellectuels libéraux et réformateurs) mais aussi sur la très réactionnaire Église catholique pour combattre l’autonomie ouvrière.

Années 1990 Développement du mouvement des coopératives de recycleurs et multiplication des entreprises récupérées et autogérées au Brésil. Dans cette même période, en Guadeloupe, plusieurs entreprises connaissent de telles expériences sous l’impulsion de l’Union générale des travailleurs de Guadeloupe.

1994Insurrection zapatiste au Chiapas.

1995 Au Pays-de-Galles, les mineurs de Tower Colliery reprennent leur mine en autogestion pour éviter la fermeture et les licenciements.

2001-2003 Développement des entreprises récupérées en Argentine.

 
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