féminisme

Droit à l’avortement : L’Europe se mobilise le 28 septembre

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Le 28 septembre aura lieu la journée internationale pour le droit à l’avortement. Le mot d’ordre de cette année : lancer une mobilisation européenne pour l’inscription de ce droit ainsi que du droit des femmes à disposer librement de leurs corps dans la législation européenne.

Alors que l’Union européenne se fait le chantre de la défense des droits de l’« homme », le droit à l’avortement n’est toujours pas garanti, parfois au mépris de la vie des femmes. Il est fortement limité en Pologne, à Chypre, en Andorre et en Irlande (les femmes y ont accès seulement en cas de danger pour la mère, parfois en cas de viol ou de malformation du fœtus), et il est totalement interdit à Malte. Sa non-inscription au droit européen a même été un préalable posé par la Pologne lors de son intégration à l’UE en 2004 et par l’Irlande lors de la négociation du traité de Lisbonne.

Avec le développement des partis réactionnaires dans les diverses instances de pouvoir, ce droit est par ailleurs souvent attaqué et remis en cause là où il est reconnu. Après une tentative pour limiter l’avortement en Espagne en 2013 – qui a échoué grâce à la contestation –, c’est l’accès à l’avortement pour les mineures qui a été réduit. Et seule une mobilisation large a permis d’empêcher son interdiction totale en Pologne en octobre 2016.

Face à cette situation, plusieurs dizaines d’associations, de syndicats et d’organisations politiques françaises, rejointes par des associations féministes polonaises, belges, espagnoles, turques – de vingt-trois pays en tout – ont créé un collectif autour de la journée du 28 septembre. Des événements et manifestations auront lieu tout au long de la semaine, et une délégation sera envoyée à Bruxelles. Une pétition est en ligne sur le site Internet spécialement créé [1].

signer la pétition en ligne

Bien sûr, tous les pays ne sont pas au même niveau d’avancée sur la question, et les attentes ne sont pas les mêmes dans des pays où l’avortement est encore considéré comme un crime – à Malte, il est passible de trois ans de prison et de quatorze ans en Irlande ! – et en France où le cœur du problème se situe plutôt du côté du manque de financement et des fermetures des centres pratiquant l’IVG. Les délais durant lesquels un avortement est possible varient aussi fortement. Par exemple, il est de dix semaines en Croatie et en Slovénie et de vingt-quatre semaines au Royaume-Uni et aux Pays-Bas [2].

Un marché clandestin juteux

Cependant, il est de l’intérêt de toutes et tous de se soutenir pour aller vers une amélioration généralisée : un droit garanti dans tous les pays, avec les moyens suffisants pour que toutes puissent y avoir accès. Dans le monde, on estime à 47 000 le nombre de femmes qui meurent chaque année à cause d’un avortement clandestin [3]. En Europe, les femmes se procurent en général des pilules abortives, font ce qui est appelé de manière indécente du « tourisme abortif », comme s’il s’agissait de vacances, ou font appel à des médecins qui les pratiquent à des prix prohibitifs. Un marché clandestin juteux qui se fait au prix fort pour les femmes.

Rappelons que l’avortement doit être un droit ET un choix. Les stérilisations forcées des femmes roms qui ont eu lieu en Slovaquie et en Hongrie relèvent aussi de la violence et de la mutilation. Dans un sens comme dans l’autre, le corps des femmes est un champ de bataille. À nous de récupérer nos droits !

Si la pétition ainsi qu’une lettre doivent être remises aux député.es européens le 28 septembre à Bruxelles, Alternative libertaire pense que c’est avant tout dans la rue que la mobilisation doit être forte. Nous n’avons pas d’illusions sur ce que pourront apporter les prochaines élections européennes en 2019. Il n’y a qu’un mouvement d’ampleur qui pourra faire céder une institution intrinsèquement anti-démocratique, construite non dans l’intérêt des peuples mais pour favoriser l’enrichissement des capitalistes.

Lutter contre les mesures d’austérité en France en se mobilisant le 12 septembre, c’est aussi lutter contre les fermetures de centre IVG et pour un meilleur accès à l’avortement. Il sera aussi nécessaire d’être présents et présentes dans toutes les villes où se montent des collectifs autour du 28 septembre. Il faudra également être à Bruxelles pour rappeler que c’est à chaque femme de décider, et non aux élu.es – d’autant plus que 63 % des eurodéputé.es sont des hommes.

ElisA (AL Saint-Denis)


AGENDA DE LA MOBILISATION

Tous les rendez-vous seront répertoriés sur le site Avortementeurope.org.

Paris / Île-de-France

  • Jeudi 28 septembre 2017 à 18h30, rassemblement Place de la République. Apportez vos cintres !
  • Événement Facebook

Bruxelles :

  • Jeudi 28 septembre 2017 à 17h30 au quartier Européen

Région occitane :

Marseille :

  • Jeudi 28 septembre 2017, à 18h, rassemblement sous l’Ombrière du Vieux-Port.

[1Avortementeurope.org.

[2Voir la carte du Monde sur le sujet : « En Europe, cinq pays limitent ou interdisent l’avortement », sur Lemonde.fr.

[3Selon les chiffres de l’OMS de 2008 : « Prévention des avortements à risque » sur Who.int.

 
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