Ecologie : Nous sommes tous des ours mal léchés !

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Depuis le mois de mai, et jusqu’à la fin du mois d’octobre, le gouvernement Fillon organise un « Grenelle de l’environ-nement ». Encore une tentative de captation d’histoire pour les pourfendeurs de Mai 68 et de ses accords de Grenelle. Cette initiative vise en effet à réduire l’écologie à l’accompagnement du programme de destruction sociale du gouvernement. Jusqu’où alors les ONG et les syndicats participants serviront-ils de caution aux décisions de la droite dans ce numéro orchestré par les médias aux ordres ?

Partie d’une promesse de campagne, cette opération de communication pourrait faire remonter la libido des ours des Pyrénées. Souvenons-nous de ce tragique accident de circulation estival, au cours duquel l’ourse Cannelle, bourrée de plombs de chasse, a disparu nuitamment sous le 4X4 d’un militaire en vacances. Depuis, nos amis plantigrades ont le moral en berne. Cernée par les bergers en armes, la dernière ourse aura quelques difficultés à assurer son congé parental. Mais pas de problème : Sarko caresse les ours dans le sens du plomb. Il se charge en personne de régler la question, il l’a promis après le fiasco du Grenelle entre bergers et écolos de cet été.

Notre maison brûle ! (bis)

« Notre Président » va sans doute faire un vibrant discours sur les solutions qu’il propose aux problèmes environnementaux. Moyen de gagner à sa cause les écolos bourgeois des métropoles et de renflouer le déficit de l’État en instaurant des taxes sur les pollutions (ah, l’écolo-fiscalisme !). Mais il ne sortira de cette réunion aucune remise en cause de la place de l’énergie nucléaire, de l’agriculture intensive et des transports dans notre société, alors que ce sont les principaux problèmes environnementaux.

Les patrons de la FNSEA, main dans la main avec Total, lorgnent sur les grasses subventions qu’ils retireront du pétrole « vert » (les agrocarburants). Ces mafias patronales organisent actuellement la faillite des éleveurs en faisant grimper les prix de la nourriture pour les animaux d’élevage, sans oublier les risqu es écologiques qu’impliquent ces cultures productivistes. De son côté, le syndicat patronal des routiers (FNTR) propose la limitation à 80 km/h des poids lourds en échange d’une augmentation du tonnage des camions...

Show devant !

Sur le nucléaire ou les OGM, il n’y a rien à attendre de ces négociations, s’apparentant à un nouveau show médiatique. Peut-on d’ailleurs parler de négociation, quand des organisations impulsant un rapport de force capable de rassembler plusieurs dizaines de milliers de personnes, sont écartées des réunions préparatoires ? Selon le réseau Sortir du nucléaire (dont AL fait partie), qui participe au contre-Grenelle, « bien que sincères, les associations environnementalistes partenaires de cette négociation ont un point commun : leur action ne cherche pas à remettre en cause le modèle de société actuel, mais plutôt à en corriger les excès ou les déviances ». Ainsi, ces associations risquent de servir de faire-valoir à des décisions arrêtées de longue date par l’UMP.

Certains militants comme Arnaud Apotecker ne se font pas d’illusion. Selon ce militant de Greenpeace, l’objectif est de mettre l’État face à ses contradictions et de porter le débat sur la place publique, quitte à claquer la porte avec fracas. Et si Greenpeace a colorié de rouge un champ d’OGM début septembre, c’est bien pour montrer qu’elle ne rentre pas dans ce marché de dupe.

En ce qui concerne les Faucheurs volontaires, le préalable à toute négociation reste l’adoption d’un moratoire sur les cultures d’OGM en plein champ.

À l’origine d’une action de désobéissance civile de masse contre ces cultures, les Faucheurs volontaires ont accru leur pression depuis leur AG nationale de juillet dernier : blocage du terminal céréalier du port de Saint-Nazaire, fauchage ou pollinisation de cultures OGM, manifestations auprès des autorités locales ou à destination de la population, bref tous les moyens sont bons pour élargir le rapport de forces. Et c’est bien dans ce sens qu’il faut aller afin d’imposer un véritable débat, car pour sortir de l’écolo tartuferie, il faut changer la société.

Erwan (AL Finistère)

<titre|titre=Contre-Grenelle>

Alors que les associations de l’ « Alliance pour la planète », qui avaient noté 8,5/20 le programme écologique de Sarkozy, participent aux groupes de travail du Grenelle de l’environnement, d’autres organisations (Sortir du nucléaire, Confédération Paysanne, Attac, Acrimed, La Décroissance…) ont mis en place un contre-Grenelle. Le 6 octobre, à Lyon, une journée de débats « pour entrer en résistance théorique et pratique contre la course à la croissance folle, le productivisme, le néolibéralisme » est organisée. L’objectif est clair : faire entendre une voix écologiste résolument politique face aux bons sentiments qui accompagnent la casse sociale, et arriver à formuler des revendications. Pour cela, les thèmes abordés sont nombreux : autoroutes, OGM, consommation, désobéissance civique…

• Toutes les infos sur : http://www.contre-grenelle.org/

 
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