Edito : Abattoirs judiciaires

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Avec la nouvelle réforme judiciaire, il paraît que la ministre Belloubet veut «  rétablir la confiance de nos concitoyens dans notre justice  ». Très bien. Compte-elle ainsi s’attaquer à l’impunité des criminels en col blanc ? Ou encore, se soucier des violences policières qui sévissent au quotidien ? Compte-t-elle remettre en question, enfin, cette logique mortifère de punition généralisée qui envoie les fous, les pauvres, les toxicomanes en prison, pour pallier des politiques sociales inexistantes ?

En réalité, il semblerait que le terme de «  confiance  » renvoie plutôt à une logique purement marketing car l’objet de cette réforme n’est que l’accélération d’une efficacité managériale sécuritaire. Il s’agit de fluidifier l’abattage judiciaire. Les principales mesures visent l’économie des moyens et la rentabilité : tribunaux fusionnés, procédures de médiation étendues, consommation de stupéfiants directement verbalisée.

Conséquences  : une accélération des procédures qui relève plus du travail à la chaîne que d’une quelconque justice, une privatisation progressive de la défense judiciaire dans le cadre des procédures de médiation et une amplitude des peines accrue.

Mais cette réforme est aussi sécuritaire : l’ouverture de 7 000 places de prison va créer un appel d’air pour la plupart des juges et il y a fort à parier que le nombre de personnes détenues va continuer à grimper. Cette réforme n’est qu’un énième avatar d’un État toujours plus autoritaire qui prétend combattre la « délinquance » ou « l’insécurité » alors qu’il en est le principal pourvoyeur.

Alternative Libertaire, le 1er mai 2018

 
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