Edito : Droit d’outrage

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Quel beau pays que le nôtre.

Celui où on défère en comparution immédiate un quidam qui a eu l’outrecuidance d’apostropher vertement le président de la République en pleine visite de bienfaisance dans le 9-3.

Celui où on licencie deux humoristes de la principale station radio de service public parce qu’on a rit de ministres avec ce qu’il faut de vulgarité méritée.

Certes l’un des deux faits, le premier, est bien plus grave. Il n’en reste pas moins que tous les deux témoignent d’une même fascisation rampante du régime. Où la liberté d’expression n’est qu’un gadget tout juste démocratique.

Mais la vulgarité pour nous ce sont les licenciements par milliers. Ce sont les expulsions de sans-papiers. Ce sont les suicides au travail. Ce sont les salaires de misère et la précarité. Ce sont les inégalités hommes/femmes et les violences sexistes, racistes et homophobes. La vulgarité c’est forcer les travailleurs et les travailleuses de ce pays à bosser plus longtemps quitte à y laisser leur peau alors que les banquiers, les patrons et les actionnaires goinfrés des « aides » d’Etat, se préparent des retraites dorées. Pour le camp du Capital, la « vulgarité » c’est insulter l’Etat tout comme la lutte sociale est un « archaïsme ». Ces anathèmes, vulgarité et archaïsme, ne témoignent que d’une chose : la haine d’une classe décidée à nous mépriser. Rappelons nous le sinistre Raffarin déclarant « Ce n’est pas la rue qui décide ». Et bien si ! Et les rues sont à nous lorsqu’on sait les occuper pour se battre contre l’outrage capitaliste fait aux travailleurs. Deux millions le 24 juin. Combien à la rentrée ?

Alternative Libertaire

Juillet 2010

 
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