Edito : Éloge de la désobéissance

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Deux militants ont été condamnés par la justice à Boulogne (Pas-de-Calais) pour être venus en aide à des réfugiés sans papiers kurdes, irakiens et afghans.

Grâce à la mobilisation en leur faveur et à la médiatisation de leur affaire, ils ont été dispensés de peine.

De multiples instructions sont en cours et les convocations se multiplient pour les militant(e)s ayant pris part aux fauchages de champs d’OGM cet été en France. Plus de 3000 personnes ont participé aux trois premières actions de fauchage de maïs génétiquement modifié, le gouvernement est donc confronté à un véritable casse-tête pour mener à bien la répression.

En Guadeloupe, douze syndicalistes de l’Union générale des travailleurs de Guadeloupe (UGTG) condamné(e)s au début de cette année à de lourdes amendes et peines de prison pour avoir participé à des actions syndicales (piquets de grève, occupations...) sont en attente de l’application de leur peine.

Trois affaires qui témoignent de la répression contre les mouvements sociaux en France et dans ses colonies, mais qui démontrent également la fragilité d’un système de plus en plus basé sur le tout répressif.

Si le gouvernement estime ne pas rencontrer d’obstacles sérieux pour mettre en œuvre sa politique capitaliste et liberticide, il ne peut gouverner que par la répression de celles et ceux qui combattent cette même politique.

Luttes des sans-papiers, des paysan(ne)s, des travailleur(se)s, des consommateurs/trices, la convergence des luttes reste la meilleure réponse aux attaques de la bourgeoisie.

Cette convergence peut constituer une force si elle s’incarne dans une vraie stratégie de désobéissance.

C’est cette stratégie qui marque des points dans la lutte anti-OGM et fait de la France un des pays où la prise de conscience contre l’insécurité alimentaire mais aussi contre la domination des multinationales de l’agrobusiness est la plus forte.

C’est cette même stratégie qui peut marquer d’autres points dans la lutte contre les licenciements et les délocalisations.

Une stratégie basée sur la solidarité entre travailleur(se)s d’un même bassin d’emploi, des PME, grandes entreprises et services publics et d’une même branche au-delà des frontières. Une stratégie axée sur l’action directe qui constitue une vraie menace pour la propriété capitaliste en recourant à la réquisition-autogestion de l’outil de travail en cas de licenciements et/ou de fermeture d’entreprises.

C’est cette même menace que les faucheur(se)s volontaires ont mis à exécution en fauchant des cultures OGM contraires aux intérêts des paysan(ne)s et des consommateurs/trices.

La bourgeoisie et son État n’ont jamais accordé de droits par sens de la justice sociale, mais toujours sous la pression des luttes et des rapports de force.

Partout elle reprend tout ce qu’elle a un temps concédé à celles et ceux qu’elle opprime.

Il n’y a rien à attendre d’elle.

Si la bourgeoisie n’existait pas, il ne faudrait surtout pas l’inventer.

Elle a besoin de nous pour accumuler ses profits. Nous n’avons pas besoin d’elle pour vivre.

Licencions les exploiteurs pour redistribuer les richesses et décider nous-mêmes sans État et sans patrons !

Alternative libertaire, le 21 août 2004

 
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