Edito : Le silence de l’impunité




Il y en a certains qui se sont indignés de la vague de dénonciations, sur Internet, des harceleurs et autres agresseurs sexuels. Il paraîtrait que c’est une question de présomption d’innocence. Et qu’il faudrait laisser la « justice » faire son travail. En réalité, c’est toujours la même chose : que ce soit pour dénoncer les violences policières ou les violences sexuelles, il se trouve toujours quelques bonnes âmes pour se faire les avocats des bourreaux.

Oui, la dénonciation publique de ces derniers est une violence. Mais une violence qui brise le statut social et le prestige dans lequel se drapent les harceleurs. Une violence qui détruit les illusions sur lesquelles repose le pouvoir des bourreaux sur leurs victimes. C’est une violence nécessaire. Car celle-ci n’est qu’une réponse à une violence bien plus vaste. Celle que s’autorisent ceux qui ont du pouvoir sur d’autres et qui en tirent profit au quotidien. Une violence qui détruit souvent en silence.

Ce silence est le masque de l’impunité. Et le bruit son pire ennemi. Car ce que mettent en lumière les dénonciations, c’est toute la solidarité qui relie les bourreaux à leurs défenseurs, et qui est le produit d’une domination systémique puissante. Contre celle-ci, la lutte ne peut reposer sur des nuances ou des hésitations. Prendre le parti du bruit c’est déjà s’affranchir du silence de l’impunité.

Alternative Libertaire, le 1er Novembre

 
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