Edito : Présidentielle : pour une expression communiste libertaire

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Présidentielle

Pour une expression communiste libertaire

Le paysage électoral de la prochaine présidentielle est désormais presque complètement en place.

Le champ médiatique est à présent saturé de commentaires de campagne qui, pour l’essentiel, s’attachent à la personnalité ou, dernièrement au “ patrimoine ” de chaque candidat ou candidate. L’exercice est plus aisé qu’une évaluation des différences infinitésimales distinguant le programme du PS de celui de l’UMP.

Les anticapitalistes doivent-ils et elles chercher à concurrencer les machines politiciennes sur leur propre terrain, celui des institutions républicaines ? Pour notre part nous avons toujours pensé que non. Car l’essentiel n’est pas là. L’essentiel, c’est bien que des luttes sociales démarrent et aboutissent à des victoires.

L’exemple des luttes du logement de cet hiver est significatif : les candidats UMP, UDF et PS n’avaient nullement décidé de faire du logement un axe de campagne. Les candidatures de témoignage, dont celles qui, à gauche du PS, espèrent trouver dans cette élection une “ tribune médiatique ”, n’y ont rien changé. C’est la pression de la rue, et elle seule, qui a fait entrer de force ce thème dans le débat actuel. Même si nous ne nous faisons aucune illusion sur les réponses apportées pour l’instant (lire pages 3 à 6), la démonstration est faite une fois de plus que, par la mobilisation, c’est nous tous et toutes qui pouvons imposer des avancées concrètes.

Ce sera le thème central de l’expression politique d’Alternative libertaire à l’occasion de ces élections. Faisant le choix du boycott des institutions républicaines, façade “ démocratique ” camouflant la dictature des marchés, AL ne donnera aucune consigne de vote ou de non-vote. En revanche, nous nous exprimerons et porterons la critique du système d’un point de vue anticapitaliste, démocratique, et révolutionnaire. Notre critique portera sur deux axes :

Le premier, c’est la promotion de la démocratie directe et autogestionnaire. La démocratie, ce n’est pas un chèque en blanc donné à un gouvernement pour plusieurs années, basé sur les promesses les plus abracadabrantes, qu’aucun ni aucune candidate n’a l’intention de tenir. La démocratie n’est possible que dans une société d’égalité sociale, débarrassée du capitalisme, et consiste en un pouvoir populaire sur les grands choix de société : les moyens, la finalité et la répartition de la production économique.

Le deuxième axe, c’est l’importance des luttes sociales comme lieu d’élaboration politique. Certes les élections peuvent changer des choses : souvent en pire, rarement en mieux. L’amélioration de nos conditions de vie, ce n’est pas des élections que nous pouvons l’attendre, mais uniquement de nos mobilisations. Aucune avancée sociale significative n’a jamais été obtenue sans rapport de force dans la rue et sur les lieux de production.

Alternative libertaire, le 22 janvier 2007

 
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