Edito : Quand le virtuel met à mort le réel

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Des spéculations portant sur des dizaines de milliards d’euros, des gains ou des pertes qui défilent à la vitesse d’une météorite, des banques qui prennent la planète pour une machine à sous… voilà l’envers pourri de la façade rutilante de l’économie-casino, que tout le monde semble découvrir suite aux mésaventures de la Société générale.

La banque a vite fait d’attribuer ces 4,9 milliards partis en fumée à la folie des grandeurs d’un jeune trader ! Façon de ne pas avouer que c’est l’ensemble du système qui est en cause.

Qu’est-ce que la bourse ? Un marché où s’échangent des actions d’entreprises du monde entier. La bourse ne crée pas de richesses, elle est un acteur passif de leur redistribution permanente. Qu’est-ce qu’un trader ? Un no-life sous amphétamines qui, rivé à son écran, achète et revend des actions plusieurs milliers de fois par jour en essayant de grappiller un peu de profit à chaque fois. Lui non plus ne crée aucune richesse. Son rôle social est purement parasitaire puisque son labeur ne consiste qu’à essayer de détourner une petite partie de la richesse produite, elle, par des travailleuses et des travailleurs bien réels.

Autour de ce petit univers virtuel de chiffres défilant sur des écrans d’ordinateur, il y a l’économie réelle, le vaste monde où l’éclatement d’une bulle spéculative peut avoir des répercussions sociales catastrophiques pour des régions entières, chasser de leurs logements des dizaines de milliers de personnes, mettre des entreprises en faillite et mettre des millions de travailleuses et de travailleurs au chômage.

Alors, c’est pas beau le capitalisme ?

Alternative libertaire, 29 janvier 2008

 
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