Elections régionales : Contre le capitalisme et ses institutions

Version imprimable de cet article Version imprimable


Les élections régionales se tiendront les 21 et 28 mars prochain, nous publions ici notre analyse de la situation politique et notre positionnement face aux enjeux du scrutin.

Alternative libertaire ne donnera pas de consigne de vote en faveur d’une liste pour les élections régionales.

Si la droite mérite d’être sanctionnée pour sa politique ultralibérale et réactionnaire, cette sanction ne saurait venir d’une gauche institutionnelle qui ne s’oppose en rien à une telle politique et qui par sa gestion passée a préparé le terrain politique à la droite.

À sa gauche, les listes dites alternatives et anticapitalistes issues ou dans l’esprit de l’appel dit Ramulaud (Alternatifs, refondateurs communistes..., syndicalistes et militant(e)s associati(ve)fs s’appuyant sur une légitimité acquise dans les mouvements sociaux) ont l’inconvénient de ne pas rompre clairement avec le PS et ne remettent pas en cause les institutions face auxquelles elles ne préconisent pas d’alternative. Voulant incarner un débouché politique aux mouvements sociaux dans le cadre des institutions actuelles, elles agissent plus comme un facteur de division que de rassemblement de ces mêmes mouvements sociaux. En Île-de-France, la liste Parti communiste/Alternative citoyenne dirigée par Marie-Georges Buffet (secrétaire nationale du PCF) et Claire Villiers (ancienne animatrice d’Agir ensemble contre le chômage !) procède de la même logique néosocial-démocrate et de la même volonté d’institutionnalisation des mouvements sociaux.

L’extrême gauche trotskyste (LO et LCR) incarne parmi les listes en présence le courant qui remet le plus radicalement en cause le capitalisme, nous partageons certaines de ses exigences. En revanche nous divergeons sur son projet qui est d’assurer la représentation politique des mouvements sociaux dans les institutions et à travers la construction d’un nouveau parti. Cette stratégie valorise le changement par en haut, qui passe par la conquête des institutions et de l’appareil d’État au détriment de l’auto-organisation, de l’autonomie des luttes, des contre-pouvoirs et d’une démocratie autogestionnaire. Cette stratégie est de plus en plus plébiscitée dans un contexte d’accumulation de lourdes défaites politiques (sur les retraites, la décentralisation, le régime des intermittent(e)s, ou encore les droits de chômeur(se)s.

Une stratégie de classe

Mais pour nous c’est bien la capacité des opprimé(e)s à impulser des changements par les luttes qui est déterminante. C’est la capacité à s’imposer dans la rue, à bloquer des pans entiers de l’appareil productif et de l’État par les grèves, à contester sur le terrain la légitimité de nos « représentant(e)s » qui permettra de stopper l’offensive capitaliste et de faire émerger l’espoir d’un autre monde possible.

Alternative libertaire ne sera pas muette pendant la campagne électorale, elle tiendra partout où elle le pourra des meetings pour expliquer sa stratégie de transformation sociale par les luttes, son projet de redistribution des richesses et de démocratie autogestionnaire débarrassée de l’exploitation et de toutes les oppressions capitalistes, racistes, sexistes et homophobes.

Nous ne donnerons donc pas de consigne de vote au premier tour. Mais nous serons vigilant(e)s sur un des principaux enjeux de ces élections : la menace de voir le FN gagner une ou plusieurs présidences de région. L’émiettement des listes à droite comme à gauche renforce ses chances d’arriver en tête au premier tour dans quelques régions. Chaque région conquise constituera une marche de plus vers la prise du pouvoir qui reste l’objectif du FN. Aussi il est important qu’aucune région ne tombe dans l’escarcelle du FN.

Dans la jeunesse, dans les quartiers et les entreprises, les militant(e)s d’Alternative libertaire s’emploieront à développer une mobilisation construite sur des pratiques assembléistes, cherchant ainsi à enraciner plus solidement, plus durablement et plus massivement dans les classes populaires, un mouvement antifasciste sur des bases radicales.

La mobilisation antifasciste dans la rue est déterminante pour peser sur le score du FN, elle peut permettre de faire pencher les hésitant(e)s du bon côté et peut influencer une droite pouvant être tentée de laisser passer le FN pour empêcher la gauche de conquérir une présidence de région. En 2002, le score du FN a déclenché des mobilisations de rue antifascistes et antiracistes impressionnantes, elle a provoqué de très nombreuses discussions politiques et accentué la pression sur celles et ceux qui pouvaient être tenté(e)s de voter FN sans pour autant partager toutes ses idées et tout son programme.

Aussi partout où le FN risque de l’emporter, notre expression sera, sur la question du vote : « Pas une voix de travailleur(se) et de chômeur(se) pour le Front national ».

 
☰ Accès rapide
Retour en haut