Encadré : Quoi de neuf sur le front syndical ?

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[*Quoi de neuf sur le front syndical ?*]

Le syndicalisme de lutte en Russie, principalement porté par des syndicats d’entreprises ou par la Confédération du travail de Russie (KTR) se heurte à une féroce répression aussi bien de la part des directions d’entreprises que de celle des pouvoirs locaux, fédéraux, juridiques, médiatiques. Au cours des deux dernières années, près de 80 atteintes graves aux libertés syndicales ont été recensées et rendues publiques par KTR : assassinats, tentatives de meurtres, passages à tabac intimidations physiques et psychologiques, harcèlements juridiques, licenciements.

[*Le paysage syndical aujourd’hui*]

La Fédération des syndicats indépendants de Russie (FNPR, 17 millions d’adhérents), héritière historique, pécuniaire, matérielle et « spirituelle » plus qu’idéologique des syndicats soviétiques. Le jeu de la FNPR est quasi exclusivement orienté vers l’objectif de constituer un rouage du Kremlin : ce tropisme politique, courant dans les pays de l’Est (c’est le même qui a animé la politisation de Solidarnosc en Pologne au début des années 90), conduit la FNPR à participer directement au processus électoral. Elle présente ainsi des candidats sur les listes du parti de Poutine aux prochaines élections parlementaires pour « défendre » les positions qu’elle occupe actuellement à la Douma (31 des 450 députés en sont membres et siègent dans un intergroupe syndical).

La Confédération du travail de Russie (KTR, près de 2 millions d’adhérents), recréée en mai 2011 par la fusion de trois familles : l’ancienne KTR, acteur démocratique du changement de régime et bien implantée dans des secteurs comme les transports, les cheminots et les contrôleurs aériens ; l’ancienne Confédération générale du travail (VKT), présente dans la métallurgie et les entreprises étrangères établies en Russie ; et des militantes et militants de Zachita Truda (Défense du travail), organisation très marquée à gauche, forte dans certaines régions (Tioumen, l’Oural et la Sibérie centrale, la Région de Leningrad et St Petersbourg). Notons qu’au moment de la fusion, les éléments nostalgiques du stalinisme ont maintenu une structure ZT, laissant les militants et militantes animant les mouvements sociaux (de défense du logement ou de l’environnement par exemple) partir vers la nouvelle KTR.

 
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