Fermeture de l’usine Continental à Clairoix : Le patronat montre son vrai visage

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Annonce choc de l’entreprise Continental le 11 mars : à Clairoix, l’usine qui fabrique des pneus va fermer. Sur le carreau, 1 120 salarié-es majoritairement des ouvrières et des ouvriers.

Arnaque à tous les étages

En 2008, cette usine a dégagé un bénéfice de 27 millions d’euros [1]. Oui, 27 millions d’euros, ce qui fait plus de 2 000 euros par salarié-E et par mois !

Et c’est dans cette même usine que le patronat a fait fin 2007 un chantage à l’emploi avec passage aux 40 heures, sans augmentation de salaire. Et pour qui les profits ?

C’est le travailler plus pour gagner moins ! Dans le même temps, 200 intérimaires ont été licencié-es et les périodes de « chômage technique » se multiplient.

Continental va mettre la fermeture d’usine sur le compte de la crise : la chute des ventes dans l’industrie automobile se répercute sur les pneus. Certes. Mais pourquoi ferme-t-on une usine qui gagne de l’argent ? Pour conserver de grosses marges : « Nous avons étudié plusieurs options et sommes parvenus à la conclusion que la compétitivité de la division pneus ne pouvait être conservée qu’en fermant les deux usines aux coûts les plus élevés », dixit un membre de la direction Continental [2] . Et oui, ce sont les travailleuses et travailleurs qui créent la richesse, alors autant aller en exploiter d’autres sur lesquel-les ont fera un peu plus de marge.

Derrière, il y a le rachat en 2008 d’une partie des actions Continental par le groupe familial allemand Schaeffler, rachat qui a nécessité un gros endettement (16 milliards d’euros) et qui demande une forte rentabilité pour l’actionnaire principal.

Larmes du crocodile gouvernemental

Pendant ce temps, le gouvernement par l’intermédiaire de son porte parole Luc Chatel parle de « trahison ». Ha ha ha. Il nous fait rire ce gouvernement, qui monte le ton pour faire « social ». On savait déjà qu’une "gentille direction d’usine" ça n’existe pas. Et qui a fait le bouclier fiscal pour les riches ? Qui donnent des milliards d’exonérations au patronat ? Qui renfloue les capitalistes pendant la crise ? [3]

Mais oui, Mais oui, c’est le pouvoir sarkozyste pour ses amis.

Ce qui se joue à Clairoix, c’est un moment de cristallisation de la lutte des classes, entre d’un côté des ouvriers et des ouvrières qui ont accepté, face à la menace d’une délocalisation, de plus en plus de contraintes et des baisses de salaires, et de l’autre côté une direction, un patronat, qui n’a du monde qu’une vision comptable, de l’économie qu’une vision capitaliste, et pour ses salarié-es que du mépris. Le gouvernement gesticule à quelques jours de la grève du 19 mars, mais n’a jamais rien fait et ne fera jamais rien contre le patronat.

Nous ne sommes pas résigné-es !

Que faire face à cette situation ? Comment gagner ? La question se pose en deux temps. D’une part, il faut organiser la riposte sociale face aux capitalistes et à l’Etat. La date du 19 mars, d’appel intersyndical à la grève est une base, mais n’est pas suffisante. La mobilisation en Guadeloupe et dans les colonies françaises le montre : c’est la grève générale, un front de lutte large, organisé, qui permet de gagner. Il faut répondre à un patronat qui joue sur la peur du chômage pour pressurer de plus en plus les travailleuses et travailleurs. Au delà du 19, il faut réussir à faire converger les luttes, pour éviter que le seul sentiment soit de l’abattement, de la résignation.

Face aux multiples licenciements et fermetures d’usines, à quand une mobilisation sur cette question ? Faudra-t-il attendre 10 000, 50 000, 100 000 licenciements collectifs ? C’est une mobilisation sociale d’ampleur qui peut permettre, par exemple, l’interdiction de ces licenciements.

D’autre part, il faut imaginer aller plus loin. Il faut envisager l’expropriation et l’autogestion des moyens de productions, c’est à dire la reprise en main des entreprises, des usines, par les personnes qui y travaillent, sous leur contrôle direct. Nous travaillons, nous produisons la richesse, nous décidons ! Alternative libertaire porte ce type de revendications [4]. La réquisition, l’expropriation, l’autogestion, permettent la remise en cause du type actuel de production, de reconvertir l’appareil productif à des fins socialement plus utiles. Nous sommes dans un moment de crise écologique majeure [5], nous devons nous poser ces questions : il est temps de réfléchir collectivement aux moyens et à la finalité de ce que nous produisons.

Simon Laviec (AL Saint-Denis)

 
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