Film : 120 battements par minute

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Sorti en salles le mercredi 23 août, le film de Robin Campillo, 120 battements par minute, raconte les premières années de combat de l’association de lutte contre le sida, Act Up-Paris. Un film intense et grand public, sur une histoire peu connue.

Apparue à la fin des années 1970 le Sida reste jusqu’à la fin des 1980, considéré comme le « cancer gay », la maladie des trans, des migrants et migrantes, des prostitué.es, des prisonniers et prisonnières, et des toxicos. Act Up-Paris est créé en 1989, c’est de ses débuts dont traite le film de Campillo. La fin des années Mitterrand, les affaires du sang contaminé, les pouvoirs publics qui ne réagissent pas malgré l’hécatombe et les labos pharmaceutiques qui gardent leurs visées commerciales. Le réalisateur avait lui-même rejoint Act-up en 1992.

Le film se déroule dans des espaces et des temps restreints. Les réunions hebdomadaires dans un petit amphi retranscrivent bien une ambiance que chaque militant et militante reconnaîtra avec plaisir. Il met aussi en scène des actions coup de poing qui ont fait la force d’Act Up et ont inspiré d’autres organisations dans les années 1990 : die-in, envahissement de labo pharmaceutique… avec toujours la recherche de la médiatisation la plus importante possible.

bande annonce du film

Après chaque action, le film montre un passage en boîte où la danse apparaît comme le véritable exutoire. Campillo filme également des scènes d’amour et de sexe particulièrement bien traitées mais aussi la maladie et ses dégâts, sans jamais tomber dans le misérabilisme et le pathos.

L’entremêlement régulier dans le film de ces différentes scènes montre à quel point la vie est alors inséparable de la lutte pour ce petit groupe militant. La menace constante de voir ses camarades, ou soi-même, mourir de la maladie crée une terrible ambiance de course contre la montre. S’en dégage aussi une énergie humaine et militante incroyable.

Si la situation n’a plus rien de comparable avec le début des années 1990 où la maladie tuait par milliers, elle est loin d’être éradiquée à l’échelle mondiale : 36,7 millions de personnes étaient contaminé.es en 2016 selon l’OMS et 1 million de personnes en sont décédées cette même année. Les labos pharmaceutique et l’économie capitaliste continuent d’être un frein au soin de ces personnes.

120 battements par minutes aura donc l’avantage d’être un film poignant et grand public qui met en lumière une histoire de la lutte contre le SIDA et ceux qui en profitent. S’il est dur et vous met indéniablement une claque, c’est un film dont il ne ressort néanmoins aucune fatalité mais beaucoup de dignité. Autant de raison d’aller le voir et d’y emmener du monde !

rencontre avec l’acteur Nahuel Pérez Biscayart

Benjamin (AL Nantes)

  • 120 battements par minute, de Robin Campillo, France, 2 h 22, en salles depuis le 23 août.
 
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