Forum social des quartiers populaires : Gamberger pour converger

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En dépit des difficultés, la deuxième édition du Forum social des quartiers populaires (FSQP) a eu lieu à Nanterre les 3,4 et 5 octobre. Les débats, bien que d’une richesse inégale, sont plus critiques que dans la première rencontre.

Grâce en partie à l’accueil, au soutien humain et financier de la mairie communiste, et malgré le temps pluvieux, le FSQP a été organisé par une cinquantaine d’associations aux combats très hétérogènes (luttes sociales, soutien aux peuples opprimés, actions concrètes dans les quartiers…).

Cette deuxième édition a été marquée par un programme plus enrichi et surtout un saut non négligeable dans l’organisation de l’événement (espaces réels d’exposition, de débats, mais aussi de convivialité : restauration, terrain de jeu pour les enfants…). Ainsi, tout au long des trois jours, les projections de films, expositions et surtout débats sur les problématiques et les luttes des quartiers n’ont pas manqué.

La préparation et, par voie de conséquence, la qualité des débats, demeure assez inégale. À titre d’exemple, les discussions sur les violences policières, la Palestine, la rénovation urbaine ont été très enrichissantes, contrairement à d’autres espaces (l’éducation, les femmes).

Pas dupes des promesses

Le débat du samedi soir a regroupé le plus de monde (300 personnes environ) pour discuter de la relation entre les habitants et les mouvements des quartiers, et les organisations politiques de gauche ou plus exactement de « la gauche plurielle » en lambeau, avec la présence du maire de Nanterre. Le débat a été moins centré sur la question des candidatures à des élections (contrairement à la première édition du FSQP).

La discussion est restée vive. Les critiques n’ont pas manqué vis-à-vis des trahisons du passé du PS et du PCF (le vote des immigrés, la récupération des luttes de l’immigration notamment la Marche pour l’Égalité), et du présent (les violences policières, l’exclusion scolaire, sociale et urbaine). Et ce malgré le beau discours du maire de Nanterre sur « la démocratie participative » et « la diversité culturelle de sa municipalité ». Le Mouvement des quartiers pour la justice sociale (MQJS) ne manqua pas d’ailleurs de dénoncer la gestion municipale de ce maire (logements HLM dégradés en face du FSQP, participation au plan de rénovation urbaine de l’UMP), tout en proposant le renforcement et la convergence des luttes, plutôt que les discussions avec les notables de la gauche caviar.

La deuxième édition du FSQP se heurte toujours à la question difficile des perspectives. Comment lutter contre toutes les injustices si bien décrites dans les débats ? Plus précisément, comment unir et renforcer les fronts sociaux contre la rénovation urbaine, les violences et bavures policières, le soutien au peuple palestinien ? Comment défendre notre point de vue dans les luttes en cours (l’éducation, le féminisme…) ?

Autant de questions restées sans réponses claires pour plusieurs raisons : l’existence de niveaux de résistance variés selon les thèmes, la difficulté de faire converger des luttes sectorielles regroupant des organisations hétérogènes et parfois corporatistes... Toutefois, quelques initiatives sont en cours : unir les volontés pour lutter nationalement contre les bavures policières, la tournée d’octobre de l’Hexagone initiée par le DAL contre la rénovation urbaine et en soutien aux luttes des mal-logés…

K. (AL Paris-Nord Est)

 
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