Fret SNCF : Pendant la désunion, la casse s’amplifie

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La situation s’aggrave pour le fret SNCF. Le difficile chemin de l’unité syndicale et la séparation des activités au sein de l’entreprise publique offrent un boulevard à la direction pour imposer ses plans de rigueur.

Les nuages noirs s’amoncellent au-dessus des cheminotes et des cheminots du fret SNCF. La direction ne l’avoue pas franchement mais le prochain plan de rigueur, prévu après les élections régionales, se soldera encore par des réductions de trafics, des milliers d’emplois supprimés et une filialisation généralisée. Une note interne publiée par L’Humanité annonce la perte de 616 000 wagons transportés en deux ans. Soixante pour cent de ces pertes seraient dues à la crise et à la concurrence mais 40 % constitueraient un abandon volontaire de trafics jugés trop peu rentables. Après l’annonce de son retrait du « wagon isolé », la direction souhaite limiter le transport de « trains entiers » aux seuls trafics nécessitant au moins trois allers-retours par semaine. Autant dire qu’après la fermeture de nombreux petits triages, ce sont les grosses infrastructures qui sont menacées. Pour les trafics encore jugés rentables, la direction veut imposer ses filiales de droit privé pour qui la convention collective de la SNCF n’existe plus. C’est le cas à Thouars (Deux-Sèvres), site spécialisé dans le transport de granulats. Les agents fret SNCF n’ont eu que le choix de rejoindre en janvier la filiale Logistra ou d’aller se faire voir ailleurs. Ceux qui l’ont fait n’en peuvent plus de leurs nouvelles conditions de travail.

Face au rouleau compresseur de la direction SNCF, les luttes sont essentiellement défensives et localisées aux sites menacés. La transformation de la SNCF menée par la direction, qui crée des séparations organiques entre les agents avec la mise en place d’activités autonomes, mine peu à peu l’esprit de corps des cheminotes et des cheminots et rend plus difficile une mobilisation globale pour le fret.

Des luttes encore trop localisées

Le sectarisme de la CGT, en particulier, n’y aide pas. La fédération CGT, qui est de loin la plus représentée dans le secteur du Fret, mène seule des actions site par site. Elle a organisé de nombreux rassemblements où seul… le PCF était associé. À Thouars, par exemple, les premiers trains de la filiale Logistra ont été bloqués par près de 400 militants CGT venus de toute la France se relayant durant quatre jours. Pour Sud-Rail, le débat sur le développement du fret ferroviaire doit dépasser les frontières de l’entreprise et fédérer dans l’action, syndicats, associations écologistes et partis politiques. Cet appel a permis une première action commune de blocage de camions à Montpellier le 12 février mais sans les autres syndicats. Pourtant l’unité est possible comme en témoignent la mobilisation unitaire pour la défense du triage de Somain (Nord) ou de Villeneuve-Saint-Georges. Seule une mobilisation reconductible de tous les services pourra arrêter la machine infernale. C’est dans ce sens que travaille la fédération Sud-Rail mais aussi de nombreux militants CGT de base.

Martial (AL Angers)

 
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