Fret ferroviaire : Une escroquerie sociale et écologique

Version imprimable de cet article Version imprimable


Face à la régression de la part du ferroviaire dans le transport de fret, les tartuffes du gouvernement et de la direction SNCF dégainent un nouveau plan, censé développer un mode de transport « écologique ».

Le 16 septembre, le ministre Borloo a annoncé un « engagement national pour le Fret ferroviaire » avec, à la clé, un investissement de 7 milliards d’euros auxquels se rajoute le milliard promis par la SNCF.

Pas de quoi réjouir les cheminotes et les cheminots de Fret SNCF qui ont vu se succéder les dirigeants, tous grassement rémunérés pour réformer ce mode de transport et qui l’ont, chaque fois, fragilisé au profit de la route. Depuis 2000, ces plans ont coûté des milliers d’emplois, entraîné la fermeture de dizaines de triages et de centaines de dessertes terminales. L’arrivée de la concurrence privée, présentée comme complémentaire à la SNCF, n’a pas permis de développer de nouvelles dessertes ferroviaires. Les entreprises privées (ECR, Véolia) ou les filiales privées de la SNCF ont repris à leur compte des dessertes effectuées jusqu’alors par la SNCF, en pratiquant un dumping social ravageur. La part des marchés perdus par la SNCF au profit du privé est passé à près de 12 %. Et le volume de marchandises transportées en train n’a cessé de baisser, au profit des transports par camions.

Pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, l’objectif fixé est de passer de 14 à 25 % la part modale des transports de fret non routiers et non aériens d’ici 2022. Les premières décisions de la direction SNCF n’en tiennent pas compte. Derrière les slogans publicitaires, on assiste à une réduction de la voilure par la suppression de nouvelles dessertes, qui se traduira par la perte d’au moins 6 000 postes à la SNCF. C’est le chantage « maintien de l’emploi contre déréglementation du travail ».

Moins de train, plus de camions

Le nouveau plan de développement du Fret ferroviaire est mis en musique, au niveau de la SNCF, par Pierre Blayau, directeur de la branche Fret et patron de Géodis, une des principales entreprises de transport routier en France. Autant dire que chaque desserte Fret SNCF supprimée, c’est autant de camions en plus sur les routes.

Les solutions existent pourtant pour favoriser le rail. Il s’agirait de supprimer Réseau ferré de France, structure technocratique propriétaire des infrastructures ferroviaires, qui rançonne la SNCF en augmentant son octroi de 15 % chaque année. Il faut faire payer au coût réel les nuisances des transports les plus polluants. Il s’agit de reconnaître le transport ferroviaire de marchandises comme un service public d’aménagement du territoire. Il faut enfin imposer une législation protégeant les salarié-e-s de tous les modes de transport. Mais seule la mobilisation des cheminotes et des cheminots, aussi bien de la SNCF que des entreprises privées, des organisations syndicales, des associations et de la population, pourra faire entendre raison aux fossoyeurs du rail.

Martial (AL Angers)

 
☰ Accès rapide
Retour en haut