féminisme/politique

Front national : Marine Le Pen, fausse féministe !

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La subversion semble être la qualité sine qua non pour se présenter à la présidence de la République. L’une de celles et ceux qui se targuent d’être « antisystème » est bien sûr Marine Le Pen. Dans ce cadre, elle utilise le discours féministe dans une optique opportuniste et électoraliste.

Divers personnalités ou groupuscules d’extrême droite sont inspirés en ce moment par le féminisme et affirment que la réponse à l’infériorisation des femmes se trouve dans la défense d’une féminité traditionnelle. Marine Le Pen, contrairement aux Antigones, par exemple, ne revendique pas une « sensibilité » spécifique des femmes mais affirme plutôt qu’« on n’est pas une espèce à protéger ! Nous (les femmes) ne sommes pas des pauvres choses ! » [1].

Ces derniers temps, Marine Le Pen et son entourage proche se sont affichés contre les positions de Marion Maréchal-Le Pen qui veut « revenir sur le remboursement intégral et illimité de l’IVG ». Cette prise de position tient de l’opportunisme politique et non du féminisme. Il est en effet permis de douter de l’engagement antipatriarcal de celle qui, jusque-là, avait toujours critiqué avec vigueur le droit à l’avortement.

Les droits des femmes comme stratégie de com

Certes, parfois Marine Le Pen défend les droits des femmes avec une emphase rhétorique dans les tribunes de grands quotidiens, mais uniquement si cela lui permet de diffuser un discours raciste. Après les agressions sexuelles et viols qui ont eu lieu lors de la nuit du réveillon à Cologne l’année dernière, elle a affirmé : « Que la barbarie puisse s’exercer de nouveau à l’encontre des femmes, du fait d’une politique migratoire insensée me remplit d’effroi. »

En revanche, quand la barbarie est accomplie par des hommes blancs, français et patrons, Marine Le Pen et le FN la soutienne. Ainsi, des sénateurs frontistes ont déposé un amendement à la loi travail visant la suppression de l’article 1-bis sur le harcèlement sexuel. Selon eux, « en permettant aux personnes victimes de harcèlement sexiste de ne présenter que des éléments de faits laissant supposer l’existence du harcèlement, l’article 1er bis ouvre la voie à de graves dérives et favorise des attitudes procédurières néfastes aux relations entre employeur et employé ». L’effroi de la cheffe du parti s’estompe aisément quand les violences sexistes sont commises par les employeurs. Marine Le Pen ne fait rien d’autre que défendre ici ses propres intérêts de classe.

C’est, en effet, l’ordre bourgeois et patriarcal, établi depuis des siècles, qu’elle défend. Marine Le Pen et son parti louent la famille « traditionnelle » et fustigent le droit des femmes à disposer de leurs corps et l’homosexualité. La critique du système et la lutte pour le détruire nécessitent courage, ténacité, analyse matérialiste et élaboration d’un projet politique collectif et émancipateur. Marine Le Pen n’a, elle, qu’un seul objectif : le pouvoir. Elle instrumentalise le féminisme dans un but purement personnel et électoraliste. Le FN, par sa nature même de parti d’extrême droite, défend, lui, la réaction, la tradition et donc ceux qui possèdent déjà, ceux qui sont déjà puissants, ceux qui sont parfaitement intégrés au système.

Lucie (AL Saint-Denis)

[1] La plupart des références utilisée pour cet article proviennent du site du collectif “Droits des femmes contre les extrêmes droites” qui s’est créé pour lutter contre les fausses idées et le double discours répandus par les extrêmes droites.

 
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