Fronts anticapitalistes : À la sueur de nos fronts




Depuis quelques mois, des fronts anticapitalistes se construisent dans plusieurs grandes villes. Leur but : créer du lien entre celles et ceux qui pensent qu’il n’y a pas de salut à l’intérieur du capitalisme et commencer à semer les graines d’une autre société. État des lieux.

Face aux attaques menées contre les salarié-e-s par les capitalistes avec la bénédiction du gouvernement PS, face à une extrême-droite en embuscade qui prospère sur fond d’homophobie, la seule réponse audible à gauche est pour l’heure celle portée par le Front de gauche (FdG), et cette réponse est loin de nous satisfaire. Un discours anticapitaliste audible est donc plus que jamais nécessaire.

Malheureusement, ce discours reste aujourd’hui trop marginal ; parce que les forces anticapitalistes sont peu nombreuses, bien sûr, mais surtout parce que ces forces, issues de traditions politiques différentes, restent dispersées et morcelées. Si nous, anticapitalistes, voulons être entendu-e-s, si nous voulons convaincre, il faut que nous réussissions à parler d’une même voix et à agir ensemble, sans pour autant mettre nos divergences sous le tapis et courir après un grand parti unique. Ce projet déconnecté de la conquête électorale du pouvoir, peut selon nous prendre la forme d’un Front anticapitaliste  : un front rassembleur et pluraliste, destiné à démonter le discours de l’austérité et à résister aux attaques du capital.

Un Front anticapitaliste plus que jamais d’actualité

Aujourd’hui, il est temps de remettre sur la table ces fronts anticapitalistes que nous avions déjà tenté d’impulser en 2007 (voir "Après-présidentielle : Face au bulldozer libéral, un front anticapitaliste ?" dans AL n°163). Nous rencontrons une oreille beaucoup plus attentive de la part des militants et militantes du NPA, qui a fortement pâti de l’émergence du FdG et ne peut plus prétendre incarner seul un pôle de résistance anticapitaliste. De même, la minorité des Alternatifs critique sur l’adhésion de ceux-ci au FdG, le Mouvement des objecteurs de croissance ou encore Voie prolétarienne (maoïstes) considèrent que l’émergence d’un tel pôle est crucial.

C’est dans cette dynamique que le 1er mai, à Toulouse, le NPA, VP, le Moc et AL se sont retrouvés dans la rue et ne comptent s’arrêter là. Même chose dans le Lot-et-Garonne où AL et NPA se sont rassemblés derrière la banderole des «  anticapitalistes 47 ». Et ils auraient fait de même à Nantes si la pluie battante (et réactionnaire) ne s’en était pas mêlée. Ces initiatives ne sont pas isolées  : à Marseille avec le Collectif de résistance aux attaques du Capital (Crac), à Auch, à Albi, la démarche des fronts anticapitalistes commence à faire tache d’huile. Les coups durs vont pleuvoir à la rentrée  : renégociations de la convention Unédic, nouvelle réforme des retraites, accords de compétitivité, etc. Et les fronts anticapitalistes seront là pour appuyer et radicaliser les luttes sociales, sans pour autant se substituer au mouvement syndical ou associatif.

Ben (AL Paris Nord-Est)

 
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