Grève SNCF : Ballon d’essai le 8 novembre

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Six fédérations de cheminot-e-s appellent à la grève le 8 novembre. Paradoxalement, ce sera l’action nationale de “ rentrée sociale ” à la SNCF... La situation n’est pas simple : cet appel à une grève limitée à 24 heures arrive bien tard, mais dans le même temps la démarche unitaire qui associe CGT, SUD-Rail, FO, CFTC, FGAAC et CGC n’est pas à sous-estimer.

L’appel à la grève est le fruit de plusieurs réunions unitaires depuis le début septembre. L’avenir du service public ferroviaire, mais aussi la situation au quotidien dans les gares, les dépôts, etc., sont au cœur des revendications.

Sur la question du service public, il faut noter que par deux fois depuis septembre, plusieurs fédérations de cheminot-e-s (CGT, SUD-Rail, UNSA, CGC) ont ensemble apporté leur soutien aux manifestations organisées contre la privatisation de GDF. Ensemble, les huit fédérations syndicales de la SNCF ont obligé le ministère à ne pas promulguer des décrets sur le temps et l’organisation du travail préparés pour les entreprises ferroviaires privées qui profitent de la “ libéralisation ” organisée par la Commission européenne et mise en œuvre par les gouvernements successifs.

Rebondir

SUD-Rail et FO s’étaient prononcées pour l’organisation d’un mouvement reconductible. L’élargissement du front unitaire a renforcé la prise de position de la CGT pour une grève “ carrée ”. Cela fait partie des contradictions à gérer : fallait-il, sous couvert de radicalité, faire éclater l’unité syndicale toujours fragile ? Au contraire, sous couvert d’unité, fallait-il se contenter d’une grève sans lendemain ?

Au risque de choquer, nous avancerons que l’essentiel n’est peut être pas là... L’essentiel est de rebondir sur la situation réelle, de voir comment les collectifs syndicaux de base reprennent à leur compte la dynamique unitaire maintenue au plan fédéral, comment les équipes de terrain poussent à une action plus dure, comment nous construisons le mouvement fort, unitaire, reconductible qui reste nécessaire.

Le 8 novembre n’en sera probablement pas le début. Il peut toutefois servir d’appui si les éléments les plus radicaux ne font pas le choix de rester en marge... et de rejoindre dans les faits et aux yeux de la masse des cheminot-e-s, la pratique des organisations qui n’appellent pas à la grève (Unsa, CFDT).

Après le 8 novembre, la vie continue à la SNCF. La vie et donc les luttes : contrôleurs, agents de conduite, notamment, pourraient bien impulser des actions plus longues assez rapidement. Syndicalistes révolutionnaires de toutes sensibilités, il nous reviendra de les prendre en compte, de les soutenir, de tenter de les coordonner au mieux...

Mouldi C. (AL transcom)


<titre|titre=Hystérie répressive, les oreilles qui sifflent>

Patrick Triboulin, militant SUD-Rail, passe au tribunal le 14 novembre à Dijon, inculpé de “ violence en réunion avec arme par destination ”. Son crime ? Le jeudi 31 août au matin, avec près de 200 camarades il a envahi la réunion du Comité d’établissement régional SNCF de Dijon ; la directrice régionale l’accuse d’avoir actionné une “ corne de brume ” trop près de ses oreilles.

Les suites données par la direction SNCF, avec l’appui explicite de la présidente Anne-Marie Idrac, sont à l’image de ce qui se passe dans bien d’autres domaines : dépôt de plainte le lundi suivant (le jeudi après-midi la directrice présidait la séance du CE, durant le week-end elle fêtait les 25 ans du TGV), arrestation à son domicile dès le lendemain matin, mise en garde à vue, perquisition devant sa conjointe et ses enfants... pour saisir un sifflet ! Outre la condamnation pénale, Patrick risque le licenciement de la SNCF. La direction a déjà entamé les procédures en ce sens, et attend le jugement du tribunal pour poursuivre ses basses œuvres.

Au-delà du cas de Patrick, c’est à une politique nationale de répression à grande échelle que nous devons faire face. Dans plusieurs régions SNCF, les révocations se multiplient, dans une proportion jamais connue depuis des dizaines d’années.

Le 14 novembre à Dijon, une manifestation et un rassemblement seront organisés pour soutenir Patrick, pour dire non à la répression du mouvement social plus largement. À l’heure où est bouclé ce journal, le programme n’est pas définitivement arrêté, mais devraient intervenir notamment Marie-Ange Debard, syndicaliste de la CGT Santé qui subit il y a trois ans la même répression pour avoir crié dans un mégaphone trop près des oreilles d’une dizaine de CRS, Jean Claude Amara, porte-parole de Droits Devants !! qui passe lui-même en procès quelques jours plus tôt, un représentant de la Confédération paysanne qui fera le lien avec la répression contre les faucheurs d’OGM, le procès de Jean-Émile Sanchez le 27 octobre, Annick Coupé porte-parole de l’Union syndicale Solidaires...

 
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