Grève à Presstalis : Les Franciliens privés de journaux

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Depuis le 1er décembre 2010, les salariés de la société SPPS, filiale de Presstalis chargée de la distribution de la presse nationale sur Paris, sont en grève. Dans le collimateur des grévistes  : le démantèlement de la société et la fin programmée des petites publications.

Presstalis, principale société de messagerie de presse en France, entend restructurer la société SPPS, sa filiale assurant la distribution de la presse dans Paris et dans onze communes limitrophes. L’entreprise est menacée de fermeture  : Presstalis, entreprise déficitaire en pleine restructuration, compte sous-traiter la livraison de la presse et la gestion des invendus à des entreprises où les conditions de travail et les salaires sont bien en deçà de ceux garantis par le statut des ouvriers du livre dont bénéficient les salariés de SPPS. Les salariés, pour la plupart syndiqués au Syndicat général du livre et de la communication écrite CGT (SGLCE-CGT) se sont mis en grève le 1er décembre et bloque depuis la distribution de la presse et des magazines sur Paris et les communes limitrophes, multiplient les opérations de blocages des autres centres de dépôt et occupent le siège social de Presstalis.

225 salariés licenciés

Ces actions ont permis quelques avancées dans la négociation  : Presstalis est d’accord pour ne pas faire disparaitre purement et simplement SPPS mais subordonne son existence au licenciement de 225 salariés sur 269  ! Pour les grévistes, l’objectif des négociations reste le maintien de la totalité de la charge de travail et de la surface distribuée, et la conservation du statut d’ouvrier du livre. Si le mécontentement des salariés de SPPS tient au fait que Presstalis a décidé de démanteler la distribution à Paris, elle est aussi motivée par les conséquences sur le système de distribution coopératif issu de la loi Bichet du 2 avril 1947 qu’entraîne la réforme de la société de messagerie. En effet le rapport Mettling, du nom de cet inspecteur des finances qui s’était vu confié en début d’année par le gouvernement la tâche d’évaluer les modalités de réforme de Presstalis, avait insisté sur la nécessité de considérer la presse comme une marchandise.

Les kiosques réservés aux gros éditeurs

La loi Bichet de 1947 permettait de mutualiser les frais de distribution des éditeurs, les gros payant plus que les petits. Appliquer les nouveaux tarifs de Presstalis, c’est appliquer un barème exorbitant pour les titres à petit et moyen tirage, et réserver la distribution en kiosque aux seuls groupes de presse qui auront les moyens d’accéder au réseau des diffuseurs. Et depuis le début de la grève, les ouvriers de SPPS réaffirment leur attachement au système démocratique de diffusion de la presse qui prévalait jusqu’alors et assurait sa pluralité. Dès avril 2010, Le député UMP Richard Mallié avait proposé l’abrogation de la loi Bichet. Dans ce domaine comme dans tant d’autres, le pouvoir en place poursuit la démolition accélérée de tout ce que la bourgeoisie avait dû concéder à la Libération  : protection sociale, droit du travail, liberté d’expression.

François Molinier (AL Paris Nord-Est)

 
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