Grève générale en Grèce : Et de sept !

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Touchés en priorité par la crise économique, les Grecs sont de plus en plus exaspérés par les politiques de leur gouvernement et les pressions des institutions internationales. Le 15 décembre 2010 avait lieu la septième grève générale de l’année.

Depuis le début de la crise, la Grèce est le théâtre de puissants mouvements de protestation. En décembre dernier, les syndicats européens organisaient une série de mouvements, destinés à protester contre les politiques d’austérité. En Grèce, cette journée a pris la forme d’une grève générale – pour la septième fois en un an, signe du niveau exceptionnel de tensions sociales, dans un pays marqué par la casse des droits sociaux, la corruption politique, et les problèmes économiques.

Une fois de plus, la grève a été très bien suivie, avec un impact bien visible sur l’économie. Le secteur des transports était particulièrement mobilisé  : plusieurs centaines de vols ont été annulés, les ferries, assurant les relations avec les îles, sont restés au port, et le trafic urbain a été fortement perturbé pendant toute la journée du 15 décembre. De nombreux services publics étaient également fermés, et les journalistes s’étaient mis en grève.

La réduction sévère des salaires, dans le public comme dans le privé, a sans doute contribué à aviver la colère sociale, de même que les lois qui remettent en cause les droits des travailleurs et des travailleuses face à leurs employeurs.

Manifestations et affrontements

La manifestation à Athènes a réuni plusieurs dizaines de milliers de personnes. Dans le centre de la ville, des affrontements opposèrent une partie d’entre elles aux forces de police. Repéré par des manifestants à sa sortie du Parlement, un député de droite a été pris à parti par plusieurs manifestants. Depuis des mois, le ressentiment contre les policiers ou les politiciens ne cesse de s’accroître.

En Grèce, une forte conscience de classe existe, dans une partie significative des milieux populaires. Mais est-ce suffisant pour entraîner une riposte politique d’ampleur  ? Si la gauche révolutionnaire est bien vivace, son influence réelle se trouve plus limitée qu’on ne pourrait le croire, et seule une partie d’entre elle s’implique activement dans les organisations syndicales.

Les libertaires, par exemple, ont longtemps manifesté leur défiance à l’égard de syndicats dont on peut déplorer, bien souvent, les accointances avec les grands partis politiques et les dérives bureaucratiques. Néanmoins, la situation évolue, comme le résumait un militant anarchiste grec, dans une interview publié sur le site d’Anarkismo [1]. Mais il est encore tôt pour en évaluer les effets politiques. D’ores et déjà, il est certain que le peuple grec – comme d’autres peuples européens – est résolument hostile aux plans qu’on lui impose. L’expérience montre cependant que, même face à de puissants mouvements, les gouvernements européens restent inflexibles. La convergence des différentes luttes et l’organisation d’une réponse politique n’en paraissent que plus nécessaires.

Pierre (AL Paris Sud)

[1disponible sur : www.anarkismo.net

 
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