Hommage : À Howard Zinn, l’historien d’en bas

Version imprimable de cet article Version imprimable


Howard Zinn, le grand activiste radical américain, est mort d’une crise cardiaque le 27 janvier dernier. Né en 1922, il est celui qui aura « remis les pendules à l’heure » de l’historiographie étasunienne officielle. Son œuvre la plus connue, Une histoire populaire des États-Unis s’attaque à tous les mensonges fondateurs du pays, et les réécrit depuis le point de vue de l’Amérique d’en bas, celui des résistances au tout-capitalisme, à la brutalité constitutive du pays, celui des traditions de lutte. Plus qu’un intellectuel engagé, Zinn était mieux placé que beaucoup pour parler de la guerre ou du monde ouvrier : engagé par conviction antifasciste dans l’Air Force pendant la deuxième guerre mondiale, l’horreur du bombardement de Dresde le convertit à l’antimilitarisme et à la non-violence. Commençant dans la vie comme ouvrier sur les chantiers navals de New-York, il aura été de tous les combats majeurs du siècle : mouvement des droits civiques, en pointe dans la dénonciation de la guerre du Vietnam, et jusqu’à l’opposition à la guerre en Irak, toute son œuvre s’illumine d’abord de son action concrète. Le jour de sa mort, il s’excusa auprès de ses étudiants de la Boston University de finir son cours trente minutes plus tôt, il devait rejoindre un piquet de grève…

On lira Une histoire populaire des États-Unis, mais aussi L’Impossible neutralité sur son engagement militant et En suivant Emma, pièce de théâtre sur Emma Goldmann, tous parus chez Agone.

Proche des libertaires et membre des IWW (syndicalistes révolutionnaires états-uniens), il était enfin un ami de Noam Chomsky qui disait de lui que dans les luttes on pouvait avoir « la certitude qu’il serait en première ligne, un exemple et un guide digne de confiance ».

Cuervo (AL 95)

 
☰ Accès rapide
Retour en haut