Journées D’égal à égales : L’égalité, partout, tout le temps

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« D’égal à égales », ce sont deux journées de conférences, débats, expos, manifestations et spectacles à Angers. L’objectif : créer une dynamique de débat public et populaire, afin de favoriser les luttes sur les questions féministes, antisexistes et antihomophobes.

Sous l’impulsion d’AL 49, un collectif de quatorze organisations associatives, syndicales et politiques s’est constitué à Angers en 2011, pour organiser des rencontres féministes. Il s’agit de favoriser les luttes revendicatives, en créant du lien entre militantes, militants et leurs organisations, en travaillant certains axes de lutte… Après deux éditions en 2011 et 2012, « D’égal à égales » s’est déroulé les 22, 25 et 26 octobre derniers à Angers. Et comme les années précédentes, le bilan est très positif en termes de participation, avec un public diversifié, une forte proportion de jeunes, et une large féminisation. Quant au contenu, consacré cette année aux inégalités dans le monde du travail, il s’est avéré passionnant et d’une actualité brûlante (voir AL de septembre).

État des lieux des inégalités

La première soirée était centrée autour du film réalisé par Corinne Mélis et Christophe Cordier, intitulé justement D’Égal à égales. Certaines travailleuses femmes, immigrées et syndicalistes subissent une triple discrimination. S’inscrivant dans l’histoire migratoire postcoloniale, elles viennent bousculer les stéréotypes des femmes immigrées, en sortant des rôles féminins attendus. Il est intéressant de voir que face à leur isolement, leur précarité et leur exploitation, ces femmes ont fait le choix du syndicat pour changer leurs conditions de vie et de travail. Mais ce film rappelle aussi qu’au sein des centrales syndicales les problèmes de sexisme restent d’actualité et doivent continuer à faire l’objet d’un travail de tous les jours, tout comme le racisme au sein du patronat ou des personnels encadrants. Le grand débat du deuxième soir a permis de dresser un tableau global des inégalités femmes hommes dans le monde du travail. Parmi les multiples thèmes abordés, on pourra retenir la démonstration du fait qu’une partie irréductible des inégalités ne peuvent s’expliquer que par le sexe, ce qui justifie pleinement de faire du féminisme un front de lutte spécifique, articulé à la lutte de classes sans s’y réduire, et dont les femmes ne sont pas les seules bénéficiaires : le féminisme change la vie entière !

Une domination matérielle et idéologique

Enfin, le troisième jour se tenaient plusieurs tables rondes. Que ce soit à propos de la sexualisation des métiers, de l’inégalité du partage du travail domestique ou des violences subies au travail, en particulier par les femmes homosexuelles, ces débats ont permis de déconstruire un grand nombre de stéréotypes (par exemple sur la prétendue naturalité des métiers ou rôles « masculins » et « féminins »). Cette domination idéologique a été reliée à la domination bien matérielle du patriarcat, et donc à la nécessité d’un changement radical de société.

La dimension festive et spectaculaire de ces journées a permis d’aborder le sexisme sur un mode plus léger grâce à des sketchs de rue antisexistes, ou encore une pièce de théâtre populaire (D’armure et d’eau fraîche, de la Cie de la Moutre). Signalons enfin que plusieurs centaines de personnes ont visité les stands des différentes organisations, ainsi que l’exposition sur le féminisme angevin au XXe siècle, créée par des membres du collectif [1].

AL Angers

Et sur l’évènement D’égal à égales : degalaegales.blogspot.fr/

www.facebook.com/egal.a.egales.

 
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