Point de vue

Le revenu de base, pain de la révolution ?

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L’argent, c’est le nerf de la guerre mais aussi le pain de la révolution ! L’idée d’un revenu de base associé à une extension du domaine de la gratuité permet de créer les conditions d’une société plus solidaire, libéré du poids des patrons. Ce texte a été présenté lors du Forum international sur la Gratuité organisé à Lyon le 5 janvier 2019 par l’Observatoire International de la Gratuité.

Si souvent la faim mène les peuples à la révolution, la peur de celle-ci nous immobilise aussi. En garantissant à chacune et chacun les moyens de vivre dignement, le revenu de base peut donner confiance et permettre d’amorcer un changement de paradigme vers une société libertaire.

Un revenu de base, tel que défendu par Baptise Mylondo, qui permet de vivre en dehors de l’emploi, est un outil, non seulement de lutte contre la pauvreté mais aussi d’émancipation des peuples.

Cela nous permettrait de faire des choix de vie réels, mais aussi de mieux participer à la vie sociale, politique, culturelle et à toute action collective œuvrant pour le développement des communs. Faire baisser la pression financière capitaliste sur les individus c’est donner du temps !

Les préoccupations financières tout comme la faim impactent négativement notre capacité de jugement. La suppression de ces pensées parasites libère le temps de réflexion nécessaire au débat social et politique, permettant ainsi de questionner la société dans laquelle nous vivons et d’en imaginer une nouvelle.

Aussi, libéré.es de l’obligation de vendre notre force de travail combien d’entre nous accepterons encore des emplois aliénant et néfastes ? Ne préférerons-nous pas nous investir dans des activités plus utiles socialement mais peu ou pas rémunératrices : aide familiale, action sociale, culturelle et environnementale, etc. ? William Morris nous disait, à juste titre, que tout travail ne pouvant être réalisé dans de bonnes conditions et n’étant pas satisfaisant pour le travailleur ne mérite pas d’être effectué.

Vers une société plus solidaire

De plus, le revenu de base (associé à un revenu maximum autorisé, proposé par Baptiste Mylondo), en redistribuant les richesses, redistribue aussi le pouvoir. Ainsi les salarié.es retrouvent une force de négociation, la grève devient plus facile avec un revenu garanti. Donner à toutes et tous un revenu sans condition, c’est aussi une preuve de confiance qui permet à chacune et chacun de prendre sa place dans la société.

Aussi, si nous n’avons plus besoin de courir après le moindre euro pour pouvoir vivre, nous serions vraisemblablement plus généreux, acceptant ainsi de donner plutôt que de vendre certains produits et services, contribuant ainsi à l’essor d’une économie du don et du partage à plus grande échelle, signe de l’avènement d’une société plus solidaire.

Afin d’aller plus rapidement vers une société du don et de l’abondance, le revenu de base peut prendre la forme (au moins en partie) d’une extension de gratuité : accès au logement, à l’énergie, l’eau, les transports, aux soins, à l’instruction, la culture, etc. comme le suggèrent les militants de la dotation inconditionnelle d’autonomie (DIA) et Paul Ariès dans son dernier livre.

La garantie du revenu inconditionnel, quelle que soit sa forme : extension de la gratuité ou allocation financière, est un outil solidaire de redistribution des richesses dans la lutte contre la pauvreté et pour l’émancipation de toutes et tous.

Premier pas possible vers une société communiste libertaire !

Lydie (AL Lyon)

 
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