Les Classiques de la subversion : Jean-Pierre Garnier et Louis Janover « La deuxième droite »

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Ce livre a été écrit en 1986 par Louis Janover et Jean Pierre Garnier, auteur d’Une violence éminemment contemporaine. Après cinq années de présidence Mitterand, les auteurs font un bilan au kärcher de l’exercice du pouvoir par le PS. Celui-ci, loin d’apporter le socialisme ou même de réaliser son programme de 1981, va mener une politique de «  modernisation  » qui va être favorable, non pas aux travailleurs, mais à la classe dominante.

La maison d’édition Agone a choisi de rééditer cet ouvrage à l’occasion de la deuxième présidence «  socialiste  » de l’histoire de la Ve République. L’objectif est de rappeler que ce parti n’a pas réellement connu de droitisation ou de glissement vers le libéralisme, mais qu’il a toujours été du côté des possédants.

La thèse de l’ouvrage est que les socialistes vont être le personnel politique qui va faire le sale travail pour défendre le capitalisme quand la droite classique (UDF, RPR, puis UMP) n’est plus en mesure de le faire. Loin des mesures quasi révolutionnaires qu’il promettait, le PS va consacrer son énergie à la défense de l’équilibre budgétaire, de la flexibilité, de l’impérialisme en Afrique et d’un ensemble de mesures favorables aux patrons.

En changeant les noms et les dates, on a l’impression que le livre a été écrit en 2012  : accords de l’ANI sur la flexibilité, intervention au Mali, «  choc de compétitivité  », et on en passe, sont dramatiquement similaires aux mesures gouvernementales du début des années 80.

Parmi tous les tristes sires de la présidence Mitterrand, une mention spéciale sera faite à Edmond Maire, dirigeant de la CFDT. Après avoir été un fervent défenseur de l’autogestion, il sera un des artisans du «  recentrage  » de la confédération qui a fait de la CFDT la carpette patronale que l’on connait.

On pourra peut-être critiquer l’usage de l’opposition gauche/droite. En effet, il nous semble plus pertinent de parler d’opposition entre d’un côté les travailleurs et leurs organisations et de l’autre la bourgeoisie, et ce clivage ne recoupe pas du tout les appellations classiques de gauche et de droite.

Cela dit la forme, qui rappelle les anciens pamphlets est intéressante et agréable à parcourir. Les formules d’insultes sont presque des punchlines, et malheureusement, le texte n’a aucunement perdu de son actualité. A l’heure où la présidence Hollande rentre dans sa deuxième année, ce livre montre bien ce que sont les socialistes.

Matthijs (AL Montpellier)

Jean-Pierre Garnier et Louis Janover, La deuxième droite, 2013

 
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